East Africa 🌍 - Tanzanie 🇹🇿 - 14 - Visite du village de Baba Panini.

   EA - TANZANIE - 14 - VISITE DU VILLAGE DE BABA PANINI

15/06/2024, Saccala, Tanzanie.


C'est le week-end ! Trop contente de faire une nuit de 10h. Mon réveil sonne à 8h50 et ça me frustre parce que j'étais en train de manger plein de gâteaux au chocolat. Non mais honnêtement, c'était mon meilleur rêve depuis quelques semaines. Des dizaines de gâteaux au chocolat ! J'en ai tellement tellement envie. Et il n'y a même pas de chocolat noir ici... Comment vais-je faire ?? J'espère que le gâteau au chocolat au lait que nous ferons demain sera bon. À la hauteur de l'art culinaire français (bof bof en vrai, j'ai pas trop d'espoir). Bref, réveil difficile parce que j'ai pas terminé ma part de gâteau tandis qu'elle était vraiment fabuleuse.


Suite à cette petite frustration, je me prépare et m'avance vers la table du petit-déjeuner avec Mathilde et grand-mère. Il faut bien noyer sa tristesse dans de la nourriture compensatrice ! En plus, ce matin, Veronica a cuisiné un nouveau gâteau !! Comme nous sommes chanceuses ! Un gâteau à..... l'avocat ! Yihiii Ahaha Je me moque mais il était plutôt bon. C'est vrai qu'il a le goût d'avocat. Mais il est aussi très sucré et se mange plutôt facilement. Asante Veronica ! Lorsque Matthew s'installe à la table, je lui propose du gâteau. Il le regarde avec un air perdu. Il finit par le pointé du doigts et demander pourquoi c'est vert. Franchement, j'ai vraiment rigolé de cette scène. On lui dit que c'est à l'avocat. Il finit par prendre un bout entre son pouce et son index. Il regarde le morceau avec suspicion, il fait un croc. On est toutes les quatre à observer sa réaction. Il ne bouge pas. Je ris sous cape, il a exactement la réaction que j'aurais voulu assumer devant Salomé en goûtant le gâteau. Matthew mâche un peu et dépose le gâteau sur son assiette, l'air de dire "je continuerai l'effort plus tard". Mais je crois qu'il a finalement plutôt apprécié et en a repris plus tard.

Durant ce petit-déjeuner, nous rigolons souvent avec le couple. Un autre que nous ne connaissons pas encore mais qui travaille à la Mudhouse se joint à nous. Nous ne le savons pas encore mais il passera la journée avec grand-mère, la jumelle et moi-même. Salomé tente de lui faire deviner notre lien de parenté. Personne n'imagine jamais que grand-mère est notre grand-mère. Elle fait si jeune ! Il fait une tête étonnée. On explique qu'elle ne parle pas anglais et que nous devons traduire. Salomé nous parle d'une de ses élèves Masai qui s'en est allée aux États-Unis pendant quelques semaines sans parler un mot d'anglais. Ses professeurs lui avaient mis une étiquette sur le t-shirt précisant qu'elle ne parlait pas anglais et devait être aidée au besoin. J'ai pensé que nous pouvions faire une étiquette pour grand-mamou ahaha

Nous avons aussi bien ri lorsque Salomé expliquait à son employé qu'elle avait parfois des discussions avec grand-mère. Il y a des signes pour tout. Et elle a commencé à mimer le dodo, prendre une douche, cuisiner, le jardin, merci. C'était assez drôle de la voir gesticuler comme cela en imitant grand-mère. Un autre moment aussi, grand-mère a proposé du café à monsieur Lolionka. Elle a dit très fort "Coffee" en le regardant droit dans les yeux avec un sourire. Il a explosé de rire. Et a fini par nous expliquer que "kofi" en swahili veut dire "giffle". Il a donc été un peu surpris quand grand-mère le lui a dit de front. C'était tout aussi drôle de voir la réaction de cette dernière en ayant la traduction. D'autant que la blague reviendra plusieurs fois dans la journée. Kofi Coffee !

Après ce petit-déjeuner exquis, avec également des omelettes aux oignons et aux tomates, nous avons préparé nos sacs pour la journée. Aujourd'hui en effet, nous partons pour une marche en direction de Baba Panini. Alors qui est Baba Panini ? C'était notre grande question d'hier. Lorsque nous sommes allées chez Esther, dans la colline, le garde Masaï Tuluya nous a accompagné. Tellement bienveillant ! Lorsque je lui avais demandé de quel village il venait, il avait fini par nous inviter chez lui ce samedi. Avec plaisir, Asante ! Or vendredi, Esther me dit que nous allons dans la maison de Baba Panini. Panini, c'est un de mes élèves d'informatique. Mais je ne comprenais pas bien pourquoi nous allions chez lui si c'était Tuluya qui nous avait invité ! Et Salomé a fini par comprendre la confusion et m'a dit "mais Panini est le fils de Tuluya !" Et là nous sommes tombées de haut avec la twin. Nous étions persuadées que Tuluya était jeune, célibataire. Or il a 47 ans et 7 enfants ! C'est fou ! Aujourd'hui nous irons donc chez Baba Panini (le père, "Baba", de son premier enfant, Panini).




Tandis que Tuluya arrivait à la maison de Salomé pour venir nous chercher, nous avons commencé à marcher avec Panini, Esther, grand-mère et la twin. Nous étions tous les cinq à admirer le trajet durant deux heures. Notre hôtesse nous avait prévenu du temps mais nous avions convenu qu'elle viendrait nous chercher en voiture pour le retour. Les véhicules sont très rares dans ces communautés, notamment les plus reculées dans la colline, mais une route en terre sinueuse s'approche tout de même du bomas de Baba Panini (bomas : mudhouse : maison de boue traditionnelle Masaï). Grand-mère est donc prête pour faire l'aller à pieds et le retour assise !

Les paysages sont splendides. Je prends toujours autant de plaisir à admirer ces plantes, ces étendues de verts. Je ne sais pas si je m'attendais à autant de verdoyance. Je ne pense pas m'être fait d'idées particulières sur les environs mais c'est en tout cas un fait marquant sur place. Ces arbres plats sont majestueux. On pourrait faire un beau tableau d'eux. Nous passons à travers des champs de tournesols, nous croisons des femmes qui lavent leur linge, nous saluons des enfants qui nous saluent de même, nous traversons des rivières. Ho non, des rivières ?! Encore ?! Et oui... Salomé nous a dit ce matin qu'il n'y aurait pas de rivière ! Et bien... nous n'avons pas emprunté la route et prenons de petits sentiers dans la nature. Et la nature inclut les petites rivières. Donc si si, nous passons des rivières ahaha Au début, Panini lance des pierres dans l'eau dans l'espoir de faire un barrage/pont. Mais rapidement, je me dis que t'en qu'à y aller autant y aller tout de suite. Bref, j'ai mis mes deux pieds dans l'eau et j'ai traversé avec mes chaussures jusqu'à l'autre rive. All good, ce ne sont que des chaussures. Le problème c'est que grand-mère a pris mon exemple et s'est trouvée tout autant trempée ! Elle a au mois évité les fourmilières pour une fois ahaha Et Mathilde qui avait emprunté le bâton de Panini a fini par être trempée aussi. 







Nous avons continué à marcher pendant quelques temps, l'ensemble était vraiment splendide. Grand-mamou avait l'air de suivre ! Parfois on se retournait et elle était loin derrière à prendre des photos. Bah grand-mamou, ne te perds pas ! C'était rigolo. On est passé de villages en villages, de coins perdus en chemins ensoleillés. Puis, nous avons commencé à entendre plus fort qu'à l'habitude les troupeaux de vaches. Panini nous a expliqué que l'on appellait ce lieu le Dip. C'était vraiment étonnant à découvrir ! De loin, nous entendions de l'eau, et les vaches. Et les coups de bâtons ! De près, nous découvrions un passage pour le bétail qui est poussé dans une grande baignoire pleine d'eau et de produits chimiques (ça sent terriblement fort), avant de ressortir lavé de l'autre côté du couloir. On a appris que les vaches sont en effet lavées ainsi toutes les deux semaines. Le soir, Salomé nous a annoncé que leurs propres vachent iraient le lendemain. C'est vraiment drôle de voir ces vaches se jeter dans l'eau dans un gros Plouf ! J'ai presque envie de me baigner avec elles. Et puis je vois qu'elles n'ont pas l'air contente et sont poussées par leurs pasteurs, frappées par un bâton. Une se chie littéralement dessus avant le grand saut. Mathilde regarde les bouteilles de produits chimiques par terre. C'est vrai que ce n'est pas attirant. Ils auraient au moins pu mettre des bulles pour faire un jaccuzi. 
















Nous reprenons la marche, Esther et Panini nous disent que nous ne sommes plus très loin. Mouai... difficile à croire de la bouche de ces deux Masaï. Leurs meilleures réponses quand on demande dans combien de temps on arrive sont "bientôt bientôt" "ce n'est pas loin" ou encore "c'est juste là-bas", et le là-bas on ne sait pas si c'est sur notre colline ou celle que l'on voit bien plus au loin. J'essaye de parler un peu avec Panini. C'est vrai que durant nos cours, nous ne parlons pas beaucoup de vie perso. Mais j'aurais apprécié en apprendre un peu plus. Déjà, il nous apprend qu'il a 19 ans ! Nous pensions qu'il en avait 15 ou 16. Même Salomé et Matthew en seront surpris le soir-même lorsque nous leur en parlerons. Panini a trois petites sœurs et trois petits frères. Sa mère a 35 ans et son père 47. Les calculs sont vite faits, sa mère est tombée enceinte à 16 ans. Panini nous dit qu'elle l'a eu à 14 ans, donc il doit y avoir un problème dans la matrix mais dans tous les cas l'info nous marque. Et je n'en reviens toujours pas que Tuluya puisse avoir 47 ans et 7 enfants... Panini et sa petite sœur Panina (7 ans) sont les deux seuls de la fratrie à être 'sponsorisés' par la Mudhouse. Les autres sont scolarisés dans une école du gouvernement non loin de chez eux et n'ont pas la même chance de suivi personnalisé... Je me fais la réflexion que ce sont les deux qui ressortent en effet dans la fratrie. Ils "présentent" bien. Je trouve ça perturbant de se dire que ceux qui auront l'air de pouvoir le mieux réussir dans la vie (probablement en grande partie pour leur physique et leur charisme), auront le plus de chance d'être aidés et dans ce cas, d'être sponsorisés. Comme si les autres étaient banis dès le début.


Nous arrivons en effet à cette fameuse école ! Panini s'empresse de nous dire qu'elle a été construite par Nicky. Et en effet, nous apprendrons plus tard que la fondation de Nicky, la Mudhouse Children's Foundation, ainsi que la fondation de son frère, la GoodAll Foundation, ainsi qu'avec l'aval de leur mère (et oui, c'est une histoire de famille), ont permis le financement et la construction de cette école qui a ouvert ses portes en 2020. Elle accueille aujourd'hui environ 260 élèves de la petite section à la classe 4 dans le système anglais. Il y a un projet d'accueillir jusqu'à 1000 élèves dans les années à venir. Je trouve ça énorme ! Surtout, le lieu est tellement dénué d'habitation que je me demande d'où viendraient ces 1000 élèves ! On me montre les collines environnantes et leurs versants cachés. Certains marchent 10km par jour pour aller à l'école. 









Après une rivière et quelques pas additionnels, nous arrivons enfin chez Baba Panini ! Je me sens vraiment honorée d'être comme cela invitée. Il est midi, j'espère que nous ne nous sommes pas trop faites attendre. Tuluya est déjà là ! J'imagine qu'il est monté en scooter avec Lolionka. De là, nous sommes allées de surprises en surprises et j'ai adoré ! Nous pensions seulement boire un thé puis repartir en voiture avec Salomé. Puis nous pensions peut-être y rester manger finalement. Mais nous avions en réalité peu d'idées du planning. Et avons suivi ce que nous indiquait Lolionka. 

Il est donc environ midi lorsque nous atteignons une plaine et les domas de la communauté. D'abord, nous saluons un vieillard avec une énorme boucle d'oreille en bois. Il s'agit du grand-père de Panini (Baba Tuluya ?). Puis, nous sommes accueillies par toute la famille, et bien plus encore. Les enfants sont tout excités à l'idée de nous accueillir. Câlins obligatoires. Sauf un bébé qui pleure en voyant trois femmes blanches. On sert la main de Nalépo, la mère. Nous apprenons par ailleurs que chaque Masaï a deux noms, un nom Masaï (pour les femmes il doit commencer par N et pour les hommes par O il me semble), et un autre nom. J'ai un peu de mal à reconnaître qui est qui. Notamment qui fait partie de la fratrie. Car les enfants de la communauté nous ont rejoints. Ces derniers ont l'air d'avoir le même âge.




Nous sommes invitées à boire un thé dans le domas de Mama Panini. À peine passais-je ma tête par l'ouverture du domas que la fumée m'emplit les poumons. Malgré cette envie de ressortir tout de suite pour éviter d'être asphyxiée, je suis Lolionka qui me fait visiter le domas. Nous découvrons un premier espace pour habriter les bébés animaux. Il y a une réelle proximité avec le bétail. Puis, nous entrons dans l'espace principal où certains animaux sont encore une fois acceptés. Aujourd'hui, ce sont surtout les chatons et les chiots qui s'intègrent à la partie. On nous présente la cheminée, qui a été installée à l'initiative de la Mudhouse Children's Foundation et permet de contenir le feu tout en cuisinant. Il y a le lit des garçons sur lequel je suis priée de m'asseoir pour boire le thé Masaï. Difficile d'imaginer qu'ils dorment à 5 dessus. Pas de matelas cette fois-ci, mais des peaux de vaches. Mama Panini remplit les tasses avec un filtre. Elle allaite son bébé. Il y a une autre femme à côté, dans l'ombre. Je n'arrive pas à la situer par rapport à la famille. Esther est assise à ma droite, sur le lit. Panini sur le banc. J'ai l'impression de boire un thé avec des amis, c'est sympa. Il est excellent. Nous avions eu l'occasion de goûter du thé Masaï chez Esther mais celui-ci est encore plus à mon goût. J'en laisse tout de même un peu au fond car je me méfie des copos, et les mouches tournent autour. Tandis que je discute avec mes compagnons de la journée, Esther ne semble pas bien. Je lui demande ce qu'il se passe. Elle me dit qu'elle doit prendre des médicaments, pas naturels cette fois-ci mais bel et bien de l'hôpital. Elle a la Malaria (le Paludisme). Ha. Sur le moment, je prends peur. Parce que ce mot effraie, mes neurones cessent de réfléchir et j'oublie comment la maladie se transmet. Un peu comme par panique, je sors rapidement de la domas, sans même finir ma tasse. Plus tard, je me rassurerai en constatant que la transmission se fait par piqûre de moustique. Et que nous prenons par ailleurs tous les matins un traitement contre le paludisme. Ça devrait donc aller. Mais Esther ? Comment va-t-elle ? J'espère qu'elle n'a pas mal pris mon départ, et qu'elle prend en effet un traitement...




Je retrouve Mathilde et grand-mère dehors. Elles n'ont pas l'air très à l'aise. Lolionka est en train de leur parler. Mathilde semble presque énervée. Elle me fait un recap de la discussion, comme quoi notre ami veut nous faire vivre la vraie vie Masaï aujourd'hui, ainsi que demain en nous emmenant assister à une cérémonie. Elle se crispe à l'idée que l'on nous pousse à découvrir les mauvaises conditions dans lesquelles vivent les Masaï afin que nous fassions des dons et plaidions pour la Fondation. Elle a vraiment l'impression d'être utilisée comme cobaye pour témoigner de la vie dure de cette communauté et servir d'apas aux aides financières. Bref, elle est très suspicieuse envers cet homme qui souhaite lui apprendre comment vivent les Masaï. Je la comprends tout à fait dans un sens, et c'est inévitable que nous adoptions cette stature d'apport de fonds pour la communauté car nous venons en tant que volontaires. Le sujet est inscrit dans notre statut même au sein de l'asso. Nous venons, pour aider tout précisément. Alors cela ne m'étonne pas que l'on souhaite nous montrer pourquoi cette aide est importante et comment mieux l'orienter. C'était dans le contrat, si je peux dire. Ce qui me dérange en revanche, c'est d'être suspicieux de tout. De ne pas prendre la journée comme riche d'expériences, d'apprentissages. Comme une chance incroyable de s'ouvrir à une culture, comprendre mieux comment Esther, Panini et Tuluya vivent. C'est peut-être égoïste ou irréaliste de ma part mais je me coupe naturellement de cette idée de hiérarchie entre eux et nous, d'aide, je vois la misère mais la prend peu en compte, je me concentre sur le style de vie, les différences. Il y a tant à apprendre et beaucoup à respecter. Je trouve cela fabuleux que l'on soit invitées dans cette famille, plus fabuleux encore que l'on nous accorde une journée entière pour marcher avec nous, nous accompagner et nous accueillir au village, puis de nous encourager à participer aux tâches locales. Et je me sens si chanceuse. Je suis bien loin de la suspicion et embrasse avec reconnaissance cette humanité qui nous tend les bras. Je vois des sourires, de la chaleur, de la joie et de la bienveillance. Puis Mathilde me fait part de ses doutes et de sa méfiance, et grand-mère s'impatiente de la venue de Salomé pour rentrer à la maison, alors forcément comme nous voyageons à trois je m'imbibe de ces sentiments et leur en veux un peu d'ajouter des nuages à ma journée ensoleillée. Mais chacun vit l'expérience à sa manière et c'est tout à fait normal et respectable. Mathilde a son propre point de vue sur la situation qui est tout à fait légitime et grand-mère est fatiguée. Lolionka, en plus, n'est pas très agréable. Il a un ton un peu arrogant et ne met pas très à l'aise. C'est comme cela... concentrons nous sur l'essentiel.

Le thé à peine fini, on nous tend donc des bidons d'eau jaunes à mettre sur notre dos. Nous pouvons les porter avec la sangle soit sur notre front, soit autour de nos épaules. Nous optons avec la jumelle pour la deuxième option. Les enfants nous prennent les mains et nous guident jusqu'à la rivière qui passe un peu plus loin. Lolionka nous accompagne également. En bas, une petite fille prend mon bidon et s'approche de l'eau pour le remplir. Elle ajoute de l'eau avec une tasse pour qu'il soit à ras bord. Puis, je soulève le bidon et l'installe comme je peux autour de mes épaules. C'est vrai que c'est lourd, mais ça se porte bien. Et tant pis pour mon t-shirt blanc qui prend la terre. Nous remontons jusqu'au village avec grand-mère qui avait fini par nous rejoindre. Nous lui avions plutôt conseillé de se reposer assise à l'ombre, mais active comme elle est, elle n'a pas tenu longtemps.





Deuxième étape, Lolionka nous emmène dans l'enclos des chèvres. Les enfants nous apportent des plantes dont les feuilles nous permettent de laver le sol. L'ami se moque de Mathilde qui semble fatiguée selon lui. J'imagine qu'elle doit broyer du noir en son fort intérieur. C'est rigolo de voir tous ces enfants s'atteler à la tâche ! On nous apprend que ce n'est pas à eux d'habitude. Mais ils ont aujourd'hui l'air très contents de participer à la besogne. Grand-mère prend des photos, mais très vite n'a plus de batterie. Elle apprendra d'ailleurs plus tard qu'elle a souvent été en mode selfie ahaha










C'est l'heure de manger ! Tuluya et Nalépo vont donc bel et bien nous offrir le repas. Quel honneur... nous préférons rester à l'extérieur pour éviter la fumée. Lolionka nous apprend que chez les Masaï, les hommes ne peuvent pas manger en face des femmes. Mais bon, c'est aujourd'hui une exception. Nous dégustons notre plat de riz et pommes de terre. C'est excellent. Des femmes et des enfants nous regardent, nous sommes gênées de manger devant elle. On nous dit que tout le monde aura à manger, pas de soucis. Certaines de ces femmes attendent seulement que les autres femmes de la communauté ne les rejoignent pour une réunion hebdomadaire. 

Tandis, que nous finissons par capter une micro seconde et envoyons un message à Salomé pour donner notre heure de retour, Lolionka nous initie à une dernière activité locale : l'allumage de feu. Et sans briquet ni allumette ! Tuluya dépose sa machette à terre. Y ajoute un bout de bois special puis prend dans ses mains un deuxième d'une autre sorte. Avec Lolionka, il frotte il frotte il frotte de ses mains le bout de bois. Ils inversent les rôles à quelques reprises, on commence à apercevoir de la fumée. Puis le début de braise est récupéré, frotté dans des brindilles, exposé à l'air par Tuluya, et enfin, le feu apparaît ! C'est impressionnant. Nous avons tenté, mais nous avons échoué. Panini non plus nous dit ne pas encore y arriver. Mais plus tard, en grandissant, quand il prendra de la force.











À la fin de l'activité feu, nous décidons de quitter la communauté et de commencer à marcher vers l'école du coin pour y retrouver Salomé. Nous remercions tout le monde grandement. Quel accueil ! Nous avons vraiment passé du bon temps. Esther, Rachel et Panini nous accompagnent. Tuluya et Lolionka proposent à grand-mère de monter sur le scooter pour éviter de marcher. Mais elle comme nous préférons la voir à pieds. C'est donc en marchant que nous rejoignons l'école en une vingtaine de minutes. Nous passons encore une fois par la rivière mais au lieu de mettre les pieds dans l'eau cette fois-ci, nous passons par le tronc d'un arbre tombé en travers de la rivière. C'est l'escalade. Nous avons peur pour grand-mère mais elle se debrouille comme une cheffe ! Il va falloir cesser de lui faire faire de l'accrobranche quotidiennement. Enfin, nous rejoignons l'école et nous asseyons un peu avec le groupe pour attendre notre hôtesse. Dernier coup de grâce pour Mathilde, Lolionka rigole des cinq femmes présentes (grand-mère, Mathilde, Esther, Rachel et moi) en parlant des "Big five women" (en référence aux Big five de la savane : les cinq animaux rares de la savane, notamment le lion). Déjà que Mathilde ne rigole pas de la remarque, Lolionka tente une espèce de grognement de lion très enfantin, et je crois que c'en était fini pour dégoûter définitivement la twiny. Je corrige ses propos en disant "les five powerful women" et il répète ainsi "ah, les five powerful women then". 

Salomé nous rejoint, je sens le soulagement pour nous trois. Ça fait du bien de voir une tête familière ! Elle nous parle de l'école construite par Nicky, des projets qui restent, nous prenons une photo et c'est l'heure de partir. Nous ne mettons pas longtemps à rentrer à la maison. Et encore moins à s'allonger sur nos lits. Quelle journée ! Il me semble que grand-mère et Mathilde ont fait une sieste directement. J'ai continué d'écrire. 






Le soir, nous avons aidé à préparer le repas comme nous le pouvions. Jamais facile quand les filles sont déjà si nombreuses dans la cuisine. Nous peinons à communiquer avec Khapri qui ne parle pas anglais. Nous tentons autant que possible de placer des mots en swahili. On se moque de moi lorsque je répète "saïdia" , "aide" et c'en est devenu une blague ahaha Ce mot, au moins, je le connais ! Puis c'est l'heure de manger et nous profitons d'un dernier moment avec le couple en ce samedi 15 juin. Demain nous irons à la messe avec eux. Et nous rigolons bien lorsque nous apprenons qu'eux boivent du vin durant la communion. Avec Mathilde, l'alcool nous manque (rires). Salomé raconte une anecdote où le prêtre avait bu une carafe entière de vin. Et on s'amuse d'imaginer nos prêtres bourrés. Dernier thé, puis au lit et dodo !


Bises à tous, je pense à vous 😘


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