INTERRAIL. 2 - đGĂȘnes, Italie.
Ces 3 jours dans les alentours de GĂȘnes ont Ă©tĂ© une vraie surprise. Nous savions que nous voulions faire un stop dans le coin, mais plus aucun logement n'Ă©tait disponible ou Ă©conomiquement accessible. Nous avons donc optĂ© en derniĂšre minute pour un mobile-home dans le Camping Genova Est, Ă Bogliasco. Ăa a fait toute la diffĂ©rence...
Dimanche 31/07/2022
Nous sommes arrivées au Camping vers 20h30 (il est vrai que les italiens sont aussi mauvais en anglais que les francais. Bref. C'est assez drÎle). Le bungalow est encore mieux qu'espéré! Nous avons une cuisine, un lit double, un lit à étage, des toilettes et une douche!! Le grand luxe. Pour autant, nous n'avions qu'un seule envie : prendre un bain dans la mer et nous rafraßchir aprÚs cette longue journée de transports. Alors à peine avons nous débarqué que nous repartons à pieds jusqu'à la plage indiquée par un touriste français. 7 minutes de descentes d'escaliers et nous y sommes. Quel bonheur. Il y a un petit restaurant au dessus de la plage, nous nous disons tout de suite que nous y mangerons une pizza pour notre dernier soir. Le cadre est idyllique.
Sur cette jolie petite plage, on admire le coucher du soleil. On en a le souffle coupĂ©. Avec Mathilde on se regarde, interloquĂ©es et on se met Ă rire et ne plus s'arrĂȘter. On fonce dans l'eau. L'eau est si chaude, si claire, si limpide. Le moment est beaucoup trop beau pour ĂȘtre vrai. On a une grande prise de conscience tout Ă coup. Prise de conscience de la beautĂ© du lieu, prise de conscience du voyage qui vient de commencer, prise de conscience de la chance de vivre cet instant purement féérique. C'est trĂšs difficile d'Ă©crire sur ce ressenti d'Ă©merveillement. On a tout simplement l'impression de faire partie d'une carte postale. Dans le restaurant d'Ă cĂŽtĂ©, une personne fĂȘte ses 50 ans. La musique qui accompagne leur soirĂ©e nous accompagne aussi. Et l'on se sent bien.
Vers 22h30 nous sommes de retour au camping. On prend de bonnes douches et débattons sur le programme du lendemain. à minuit nous sommes couchées, et nous passons une merveilleuse nuit bien méritée.
Lundi 01/08/2022
Lever 7h27. PremiĂšre pensĂ©e du matin, dans 1 mois nous fĂȘterons nos 19 ans!
On mange un fruit et l'on embarque dans la navette du camping Ă 8h05 pour prendre un train Ă 8h25 et rejoindre le centre de GĂȘnes. Encore une fois, le train est arrĂȘtĂ© 30 minutes en plein trajet (on apprendra plus tard qu'une personne a Ă©tĂ© poussĂ©e sur les rails). Mais on finit par arriver Ă destination vers 9h45.
Nous avons prĂ©vu un petit parcours entre les points importants de la ville. Ă commencer par la Basilique Santissima Annunziata del Vastato. Un monument du 17Ăšme siĂšcle dont la renommĂ©e n'a pas Ă©tĂ© volĂ©e. Surtout, il fait frais Ă l'intĂ©rieur et ça nous fait du bien! Puis l'on rejoint le belvĂ©dĂšre Castelleto. Encore une fois nous enchaĂźnons une centaine de marches. La vue sur la ville est impressionnante. On en profite pour s'assoir sur un banc et l'admirer. Progressivement nous redescendons les Ă©troites ruelles du vieux GĂȘnes. Nous dĂ©couvrons une petite gallĂ©rie d'art et j'aime beaucoup le style. Une Ćuvre attire particuliĂšrement mon attention alors je pose des questions Ă son crĂ©ateur. Ă ma dĂ©ception, il me dit qu'il n'a rĂ©flĂ©chi Ă aucun message en particulier Ă faire vĂ©hiculer Ă travers ses Ćuvres. Pour un temps j'ai pensĂ© Ă un artiste engagĂ©... mais l'art doit-il toujours avoir un sens?
AprĂšs s'ĂȘtre volontairement perdues dans les rues de GĂȘnes, on trouve un restaurant sympa dans un coin calme (avec des bruits d'oiseaux et Ă©tonnement peu de monde). Le Tire-Bouchon. Mathilde commande des aubergines au parmesan et moi des lasagnes au pesto avec du parmesan Ă©galement. Un vrai rĂ©gal. J'avais envie de pĂątes carbonaras, mais voyant qu'il n'y en avait pas sur le menu, je me suis dit qu'il valait mieux essayer de nouveaux plats dans tous les cas. Le choix a Ă©tĂ© parfait.
Il est 13h, nous prenons la route du port et optons pour une glace. Chocolat pour Mathilde, Chocolat-Citron pour moi. Il nous reste 2h30 avant notre train pour rentrer Ă Bogliasco. Alors nous entrons dans le Galata - musĂ©e de la mer. 5 Ă©tages sur les expĂ©ditions maritimes depuis et vers l'Italie, sur Christophe Colomb, sur l'esclavagisme et l'Ă©migration. Un trĂšs bon musĂ©e, interactif, et dans lequel nous nous immergeons sans difficultĂ© dans l'ambiance en grimpant dans de nombreuses reconstitutions de galĂšres ou navires en tous genres. La visite se clot avec la possibilitĂ© d'entrer dans un sous-marin. On nous fournit des casques pour l'occasion et on comprend vite pourquoi. Nous nous cognons la tĂȘte Ă de multiples reprises sur des tuyaux mĂ©talliques... encore une fois nous avons bien ri.
Nous sommes totalement transpirantes, la chaleur est insupportable, nous avons marchĂ© prĂšs de 20 000 pas alors la perspective de rentrer au camping nous convient bien. Nous connaissons dĂ©sormais la ville comme notre poche... et embarquons dans le train de 16h11. Au bout d'un moment on se rend compte que notre arrĂȘt n'est pas indiquĂ© sur l'Ă©cran du train. Tiens tiens. On dĂ©passe en effet Bogliasco... et on dĂ©cide de s'arrĂȘter Ă l'arrĂȘt suivant, celui de la ville de Recco. Bon, le prochain train est dans 1h, la mer est Ă 5 minutes Ă pieds. Le choix est vite fait, nous allons Ă la mer ! Quel bonheur encore une fois de se rafraĂźchir... dans une eau paradoxalement trĂšs chaude. Une trentaine de degrĂ©s probablement.
Puis on prend le train de Recco Ă Bogliasco et attendons la navette du camping pour nous remonter. On met nos courses au frais. Des pĂȘches, des tomates, du maĂŻs, des saucisses... et des pĂątes que l'on a bien voulu acheter Ă 3€50 en pensant qu'elles Ă©taient locales mais qui s'avĂšrent venir de chez Liddle. Bref, j'espĂšre qu'elles seront bonnes. On se change et on descend vite Ă la plage.
On se fait un petit pique-nique sur la plage avec nos restes de riz-taboulé préparés chez nous hier. Nous sommes retournées sur la petite plage à laquelle on commence à s'attacher. Le paysage est encore une fois splendide. Nous rentrons vers 22h, debriefons de cette magnifique journée bien intense et nous écroulons de sommeil.
Mardi 02/01/2022
Aujourd'hui, c'est le dernier jour en Italie. Et oui, dĂ©jĂ !! On a prĂ©vu une journĂ©e en scooter. Ă 10h nous sommes donc Ă la rĂ©ception du camping et attendons nos clĂ©s pour prendre la route. La caution est de 600€, ça fait mal. Je fais confiance Ă Mathilde et sa conduite, et nous partons vers l'est de Bogliasco, en direction du parc national des Cinq-Terres. TrĂšs vite on rencontre un groupe de motards et dĂ©cidons de les suivre. La route borde la mer, je profite bien de ma place de passagĂšre pour admirer en dĂ©tail les villes que l'on croise. On finit par se garer Ă Santa Margherita.
Il est 11h30, on arpente les rues de la ville et tombons hasardement sur un grand parc libre d'accÚs. Il s'agit du parc de la Villa Durrazo, fourni en statues et végétations rares. Il y a aussi beaucoup d'orangers, de citronniers, de pamplemoussiers. La terrasse de la villa a une belle vue mer. Notre instinct nous a bien guidé encore une fois.
On commence Ă avoir sĂ©rieusement faim et partons Ă la quĂȘte d'une Focaccia, spĂ©cialitĂ© italienne. TrĂšs vite nous tombons sur une "boulangerie" et en commandons deux aux oignons. 90 centimes chacune! Mes papilles me remercient. Comme on a encore faim on continue d'explorer la ville et craquons pour une seconde "boulangerie". On goĂ»te une nouvelle spĂ©cialitĂ©. PĂąte feuilletĂ©e, oignons, oeufs, artichauds. C'est plutĂŽt bon mais je suis vite calĂ©e cette fois-ci. On prend le chemin retour vers le scooter, nous arrĂȘtons Ă une Ă©glise puis dans un magasin bien colorĂ©. AprĂšs avoir regardĂ© les vĂȘtements en dĂ©tails, on dit aurevoir Ă la vendeuse. Puis aprĂšs rĂ©flexion on fait demi-tour et je m'offre un t-shirt, Mathilde un collier. La dame n'a pas du comprendre. On s'est dit, et pourquoi pas ? Autant vivre la dolce vita jusqu'au bout ;) Puis nous reprenons la route Ă la recherche d'une plage.
AprĂšs une trentaine de minutes on fait un arrĂȘt dans la ville de Lavagna. On emprunte un passage sous-terrain pour dĂ©passer les rails (comme si les gares nous suivaient!) et arrivons sur le sable chaud d'une plage privĂ©e. Plus loin, en enlevant nos chaussures, on se rend compte que le sable n'est pas chaud mais absolument brĂ»lant. Comme on a dĂ©jĂ nos maillots sur nous on court Ă la mer et l'apaisement est instantanĂ©. DĂ©cidĂ©ment on ne s'en lasse pas! Le bob sur ma tĂȘte et ses bordures qui tombent de chaque cĂŽtĂ© me font comme des ĆillĂšres. Je ne vois que ce qu'il y a en face de moi. La mer, la mer Ă perte de vue et un petit bateau au loin. Je suis dans l'instant prĂ©sent. Et cet instant est si bon.
En sortant de l'eau, Mathilde court vers la douche de la plage et se brĂ»le les pieds. On a vĂ©rifiĂ© le soir, elle n'a aucune marque. Mais quand je sors Ă mon tour je me mets directement sur ma serviette. Et mĂȘme Ă travers elle je sens encore la chaleur du sol. Comme nous sommes en dĂ©but d'aprĂšs-midi, on se badigeonne de crĂšme solaire et je me cache sous un foulard. Hors de question de choper une insolation. Une heure plus tard on reprend la route en sens inverse en direction de Portofino aprĂšs avoir rempli nos gourdes.
Portofino est une ville connue pour son phare. Elle est beaucoup plus touristique que les autres coins que nous avons explorĂ©s jusqu'alors. On se laisse une heure pour marcher jusqu'Ă ce fameux phare et le timing est Ă©tonnement respectĂ©. On commence Ă se demander si nous n'avons pas une horloge dans la tĂȘte. Bref on marche, on marche, on marche et on arrive au phare. La vue est encore une fois grandiose. Des mouettes, des bateaux, le ciel... Puis on re-marche, on marche, on marche, on se rend compte qu'on s'est trompĂ©es de chemin alors on remonte, on remonte, on remonte et on reprends enfin le scooter. Sur le chemin retour on fait le plein d'essence. Ăa nous coĂ»te 2.96€. Parfait.
Au camping on prend le temps de se changer, de souffler et on redescend en scooter jusqu'au restaurant que nous avions remarquĂ© le premier soir. Quelle hĂąte de manger ces pizzas avec la vue mer!! On nous installe, on nous donne le menu. Tiens, il n'y a pas de pizzas. Et tout est si cher... On apprendra en partant que le restaurant est sĂ©parĂ© en deux et que nous avions rĂ©servĂ© la partie "gastronomique" et non "pizzeria". Bref, on se dit que c'est l'occasion de tester de nouveaux plats. Alors Mathilde prend des ravioles avec du caviar de langoustine et j'opte pour des gnocchis Ă l'espadon. On attend une demi-heure avant de passer commande. Ăa commence Ă ĂȘtre long... et puis les plats arrivent, nous sommes affamĂ©es. Mes gnocchis sont violettes. Je ne peux pas expliquer quel goĂ»t mon plat a, ce n'est dĂ©finitivement pas un coup de cĆur mais il fallait tenter !
Vers 21h on quitte le restaurant en direction d'une pizzeria. Je ne veux pas lĂącher l'affaire. Finalement on prend des boules de glaces et rejoignons notre Ă©ternelle plage. La glace en question est incroyable. J'ai encore choisi une saveur chocolat noir, mais j'y ai ajoutĂ© une boule Ă la pistache. Un vrai dĂ©lice, je suis comblĂ©e. On galĂšre un peu Ă la manger tant elle fond vite mais c'est un plaisir de passer notre derniĂšre soirĂ©e ainsi. Ce soir on ne se baigne pas, mais on rentre en scooter au camping et Ă©vitons les 20 minutes de marches Ă la verticale. Et ça c'est un pur bonheur. On est Ă©merveillĂ©es devant la vue, on sent Ă nouveau cet effet libĂ©rateur du pĂ©riple et on arrive sans accident Ă notre mobile-home. Nous ne perdrons pas nos 600€ de caution!!
L'aventure en Italie touche Ă sa fin. Et qu'elle aventure! En deux jours nous avons l'impression d'avoir complĂ©tĂ© plusieurs semaines. Sur la plage ce dernier soir, j'ai sorti des cartes de mon sac et en ai tirĂ© une au hasard. La question Ă©tait "Quelles sont les trois choses qui t'ont donnĂ© le plus d'Ă©nergie ?". J'ai directement pensĂ© Ă ce premier soir sur la plage de Bogliasco. Nous Ă©tions tellement choquĂ©es de l'endroit paradisiaque dans lequel nous Ă©tions tombĂ©es par hasard. Ă plusieurs reprises nous avons suivi notre instinct et tout s'est incroyablement passĂ© mieux que prĂ©vu. Ăa m'a donnĂ© beaucoup d'Ă©nergie. On se fait d'ailleurs en ce moment la rĂ©flexion avec Mathilde que la plupart de nos plus beaux souvenirs dans ce coin d'Italie sont basĂ©s sur le hasard. DĂšs notre arrivĂ©e nous avons loupĂ© la premiĂšre navette du camping et en l'attendant, un français nous a indiquĂ© les plages du coin oĂč nous avons passĂ© nos soirĂ©es. Puis nos pas nous ont guidĂ©es dans ce parc Ă Santa Margherita...
Si j'en reviens à la question initiale, je pense aussi à ce sentiment de liberté en scooter, sentir ce vent sur nous, suivre les chemins qui nous tentaient. Enfin je pense à cette mer et à ces montagnes que nous avons pu admirer de loin comme de prÚs. Ce rapport à la nature est ce qu'il y a de plus énergisant il me semble.
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Mercredi 03/08/2022
Ce mercredi 3 aoĂ»t, nous partons du camping Ă 8h. J'ai failli oublier de demander de rĂ©cupĂ©rer ma carte d'identitĂ© Ă la rĂ©ception đ€ŠđŒ♀️ Puis nous quittons la gare de Bogliasco Ă 8h25. Ă GĂȘnes nous attendons le train de 11h19 pour Milan. On arpente les rues de la ville une derniĂšre fois, je suis dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă la recherche d'un tiramisu. Personne n'en a! Est-ce vraiment une spĂ©cialitĂ© italienne??? Je rĂ©cupĂšre alors une pĂȘche dans un petit magasin, idĂ©e de manger quelque chose. Le vendeur a dĂ» avoir pitiĂ© de moi avec mon unique pĂȘche Ă la main. Il me l'a offerte. Je vous assure, il m'en a tout simplement fait un prĂ©sent. Surprise, j'en oublie le tiramisu et dĂ©guste ma pĂȘche avec un grand sourire jusqu'au retour Ă la gare.
Il y a tant de belles choses qui se passent et pourtant nous enchaßnons les potentielles galÚres : louper le 1er train car nous sommes arrivées en retard pour la navette du camping, louper le 2eme train car nous n'avons pas pu faire de réservation de siÚge, louper le 3Úme car nous ne trouvons pas le quai... finalement tout semble bien s'enchaßner. Et nous avons bien hùte de découvrir tout ce qui nous attend encore. Nous sommes dans le 4Úme train. Mais aurons-nous le 5Úme et dernier ?...
Aujourd'hui, direction Divaca en Slovénie ! Rendez-vous le 6 août pour entendre le récit de nos aventures ;)












































































































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