East Africa 🌍 - Tanzanie 🇹🇿 - 12 - Informatique et journée mondiale de l'albinisme.
EA - TANZANIE - 12 - INFORMATIQUE ET JOURNEE MONDIALE DE L'ALBINISME
13/06/2024, Mudhouse, Tanzanie.
Aujourd'hui fut une troisième belle journée chez Salomé et Matthew. Nous commençons à prendre le rythme et c'est agréable de trouver ses marques.
Ce jeudi 13 juin 2024, réveil 7h20. Nous nous préparons et entendons grand-mère toquer à notre porte. "Je crois qu'on nous attend, le petit-déjeuner est prêt". Je suis contente de la voir reposée et déjà pleine d'énergie. J'ai l'impression que la mésaventure de la veille a déjà été placée dans les "souvenirs mémorables" dont elle est fière. Elle se surpasse tous les jours. Ce midi, tandis que nous discutions avec Salomé, grand-mère nous avouait craindre son retour en France. Être confrontée à ces belles images dans sa tête et dans son téléphone, mais le corps bloqué dans sa maison. C'est sûr que le retour ne sera pas facile. Et c'est d'autant plus la raison pour laquelle nous devons profiter au jour le jour de notre voyage. Et notre retour, nous aurons suffisamment le temps d'y penser plus tard.
Ce matin, nous avons de nouveau du gâteau. Et j'en suis très heureuse ! Le petit chaton me bouffe les orteils et veut se cacher dans ma tong, sous mon pieds. Il finit par me griffer et je ne suis pas très d'accord. Mais c'est vrai qu'il est attendrissant... Il a un mois et une semaine et n'a toujours pas de nom ! Salomé demande à Mathilde de lui en trouver un. Nous allons y réfléchir... La jumelle aurait bien voulu l'appeler "thumbnail" car il mange les pouces de pieds. Mais ce soir nous pensons plutôt à "mamie" ou "pouce", plus simples à prononcer. J'aime bien "pouce", mais Mathilde n'a pas l'air convaincu. Je note également qu'en France, chaque année correspond à une lettre afin de nommer les animaux domestiques. Cette année, il est conseillé de commencer les noms par les lettres w, x, y ou z.
Suite à ce petit-déjeuner très convivial avec notre hôtesse, Mathilde et grand-mère se préparent et rejoignent Hussein au jardin. J'ai l'impression que cela leur plaît. Mathilde apprécierait peut-être enseigner à des petits de la Mudhouse et se sentir plus utile pour l'association, mais passer du temps dehors est aussi très agréable. De mon côté, j'attends mes quatre élèves pour le deuxième cours d'informatique, ainsi qu'un nouveau débutant, Tigran. Le jeune homme nous avait accueilli en sortant du bus à Wasso. Il est toujours en tenue Masaï. Je suis contente qu'il intègre l'équipe, il envoie des ondes très bienveillantes. Lorsqu'il arrive, il est extrêmement timide, se cache instinctivement derrière sa grande écharpe Masaï rouges. Les autres rient de la situation. J'essaye comme je peux de rassurer les troupes en disant que nous allons revoir tout le programme de la veille. Je demande à tous de l'aider pendant la séance et lui enseigner ce qu'ils ont appris. Tout le monde a l'air très heureux d'être de retour pour un nouveau cours. Hier soir, Salomé m'a dit qu'ils étaient en effet vraiment fiers d'avoir appris quelques bases en informatique. Ça s'annonce positif pour ce matin !
Aujourd'hui, le programme devrait être intéressant. Nous allons tout d'abord faire des révisions, analyser l'écran et les différents onglets, rechanger la date, l'heure. Puis découvrir de nouvelles fonctions. D'abord la calculatrice. Puis nous avons passé beaucoup de temps à s'amuser avec la caméra. Puis à retrouver les photos dans les documents. À les recadrer, mettre des filtres, les bouger dans un dossier, les renommer. Ils ont l'air très attentifs et plutôt débrouillards. Ils ont cependant toujours beaucoup de mal à utiliser le pavé tactile et sélectionner les textes ou les images. Salomé nous apporte une souris pour la brancher au laptop. Finalement, j'ai l'impression que ça a plus perturbé le cours qu'autre chose. Il y avait désormais deux points d'accès et les étudiants faisaient bouger la souris par les deux moyens, ce qui ne facilitait pas la compréhension. Quoi qu'il en soit, nous avons pris de belles photos bien floues et avons changé le fond d'écran.
Après avoir pris une vidéo, nous avons également enregistré nos voix. Évidemment, ils n'osaient pas parler. Mais nous avons du moins tenté. Puis supprimé les fichiers. Grand-mère et Mathilde sont rentrées à la maison. Mission terminée pour elles, Hussein les a libéré pour passer un produit sur les tomates. Mathilde se rajoute alors un peu au groupe. Puis constatant que le linge était prêt (dans la machine à laver !!), s'en est allée l'étendre. Merci twiny. De notre côté, nous avons créé un dossier "International Days", et un fichier Word à l'intérieur nommé "International Day June 13". Aujourd'hui, j'avais en effet une idée.
Cela fait plusieurs années que je regarde quotidiennement qu'elle est la journée fêtée. La journée mondiale du jour autrement dit. Comme ce sont souvent des journées de sensibilisation, je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de lier deux domaines : l'informatique et les droits de l'homme. Pourquoi en effet ne pas initier les étudiants à internet par la recherche d'informations sur les journées mondiales et la création de documents compte-rendus ? Je pense que ce serait une bonne approche.
Après une pause d'une vingtaine de minutes au cours desquelles je fais un debriefing du début de matinée avec Mathilde, nous sommes de retour tous les six derrière l'ordinateur pour commencer la deuxième partie du cours. Nous nous connectons à Internet (grâce au forfait internet tanzanien de grand-mamou 🙏). Et commençons par chercher une photo du Kilimanjaro pour changer le fond d'écran. Notre photo est en effet trop floue et il faut la changer. Nous apprenons à télécharger une photo et la mettre en fond d'écran. Puis, nous cherchons enfin le site des journées mondiales des Nations Unis. Et aujourd'hui, par chance, c'est la journée internationale de sensibilisation à l'albinisme. Nous copions-collons (c'est drôle dit comme ça, copions-collons) le lien sur notre document Word pour le conserver. Puis regardons la vidéo d'introduction du site. Je trouve ça tout autant instructif de mettre en route la vidéo, changer le volume, mettre en plein écran et sortir du plein écran que d'en apprendre plus sur la sensibilisation à l'albinisme.
Ensuite, le groupe écrit le titre dans le document du jour. Et copie-colle une partie du texte du site. Ils essayent de mettre en page les informations. Ajoutent des couleurs, du surlignage, etc. C'est très moche mais je suis très fière d'eux. Ils sont vraiment appliqués.
Nous révisons comment trouver une photo sur internet et la télécharger. Ils ont encore du mal (logique, c'est le deuxième jour) à savoir quoi écrire dans la barre de recherche. Encore une fois, non, il ne faut pas écrire "key words" ahaha (parce que je leur dis "type key words") Je leur explique aussi qu'ils n'ont pas besoin d'écrire "photo" s'ils cherchent des photos car cette option sera proposée une fois la recherche faite. On finit par choisir un logo de la "international albinism awareness day", l'ajoutons au document Word, l'agrandissons, ajoutons un cadre et des filtres (c'est aussi moche que le reste) et nous en avons fini pour aujourd'hui !
Pour conclure, nous créons un cadre dans lequel nous faisons la liste de ce que nous avons appris aujourd'hui. Chacun a quelque chose à ajouter. Tigran n'a pas l'air trop perdu et a pris plusieurs initiatives pendant le cours. Je suis vraiment contente.
J'ai presque hâte d'être demain pour préparer le document d'une nouvelle journée mondiale !
Il est midi, je me pose un peu sur mon lit tandis que les cinq étudiants s'affalent sur les fauteuils du salon et que leur camarade Veronica leur sert du thé avant de repartir dans la cuisine. Vers 13h, on réveille grand-mère d'une bonne sieste. Elle n'a pas vu l'heure passer. C'est l'heure de passer à table ! Nous apprécions beaucoup ces moments conviviaux avec notre hôtesse. Il a fallu s'habituer à traduire constamment à grand-mère et vice-versa mais nous commençons réellement à nous apprivoiser les unes les autres ahaha Salomé est adorable. On a souvent du mal à la cerner car elle paraît très ferme et en même temps vraiment douce. Mais c'est une chance d'avoir croisé sa route. Elle s'étonne toujours autant du peu de nourriture que grand-mère met dans son assiette. En revanche, elle comprend mal un de mes propos et m'apporte le plat d'haricots rouges pour que je me re-serve. Ho zut. J'avais déjà une grosse assiette et n'avais pas du tout envie d'une deuxième plâtrée... tant pis, j'essaye de faire honneur à mon hôtesse. Les chapatis, des sortes de crêpes salés faites maisons et que nous avons déjà mangé la veille, sont décidément excellents. La technique est de mettre les haricots rouges dedans et de plier en une fois le chapati en le tenant entre ses doigts. Je me régale.
À la fin du repas, nous prenons notre thé habituel et remplissons des formulaires de données à rendre à Salomé. Ce sont notamment des autorisations de droit à l'image, afin de publier quelques photos sur le site de la Mudhouse Children's Foundation. La veille, elle s'est aussi rendue au bureau de l'immigration du coin pour nous déclarer. Désormais, nous pouvons nous promener sans problème ! Bien que nous ayons déjà payé les taxes d'entrée dans les districts du coin... Et c'est enfin l'heure de la sieste.
Avec Mathilde, on découvre le journal saisonnier de la fondation. Nous apprenons que sa fondatrice, une anglaise, a reçu une décoration en automne 2023 au Buckingam Palace des mains de la princesse royale elle-même ! Je n'imaginais pas une telle reconnaissance. Nous devrions poser la question à Salomé. Je vais mettre en copie ce journal, certains témoignages et profils sont assez intéressants. On rigole aussi des coutumes Masaï, ce qu'il est conseillé ou non de faire. Notamment laisser un peu de nourriture sur le bord de l'assiette lorsque nous ne voulons pas être resservies.
Mathilde et grand-mère s'endorment. J'écris, encore et toujours. C'est un réel plaisir. Bien qu'un peu de temps pour lire me fait rêver. Grand-mère nous demande tous les jours d'envoyer des messages sur le groupe de la famille, de partager des photos, d'écrire. Mais il faut que cela reste un plaisir :)
Vers 16h30, tandis que tout le monde dort encore et que j'ai fini d'écrire, je m'apprête à partir courir 8km vers la ville de Loliondo. Mais Mathilde qui n'a pas l'énergie pour courir se motive à aller marcher. C'est décidé, nous ferons donc de la marche rapide.
Nous apprécions cette sortie. Nous croisons beaucoup d'enfants. Toujours si souriant, heureux de nous aborder. Très souvent on nous demande si nous sommes professeures. C'est fou de penser directement à cela en voyant des étrangères. Certains enfants mangent de la canne à sucre. De nombreux scooters passent sur la route. Ainsi que des voitures et... un bus. Un bus comme nous avions pris lundi. Quel traumatisme ahaha On le voit passer et on se dit "Mais comment a-t-on fait ?". Il fait peur, rien qu'à le regarder. La question du retour est en suspens. Nous allons tenter de faire au mieux. Ça va aller. On finit toujours par s'en sortir. Plus loin sur la route, on découvre de réelles carcasses d'anciens bus et on se dit que finalement elles ne sont pas bien différentes des bus encore en service. Nous atteignons rapidement Loliondo, sommes attirées par une ambiance et une musique. Mais prenons la décision de faire demi-tour avant d'entrer plus profondément dans le village. Notre trajet nous a suffi pour aujourd'hui.
Le retour est tout aussi agréable, avec ce soleil couchant. Mathilde cherche de jolies pierres parterre. Je regarde le ciel. Des scooters nous frôlent. Des enfants nous tendent la main. Nous mettons à peine une heure et demi pour faire l'aller-retour de 8km. Nous avons pris notre temps mais nos hôtes sont surpris que nous soyons allées "aussi vite !". Grand-mère quant à elle s'est inquiétée que nous ne répondions pas au téléphone et a pensé que nous avions été kidnappées. Mais non grand-mère ! Tout va bien enfin.
Après une bonne douche chaude et un lavage de cheveux, une coupure de courant pour Mathilde et une douche froide dans le noir, une grand-mère reposée, nous sommes passés à table. Juste avant le repas, Salomé, Veronica et Khapy nous ont fait la surprise de nous dévoiler des pop-corns faits maison !!! Nous en avions parlé avec Matthew hier, lui qui s'est rendu au Texas, USA. Salomé nous avait dit qu'elle nous ferait des pop-corn aujourd'hui. Grand-mère est comme une enfant. Nature comme cela, ils sont excellents ! J'en rafolerais bien mais je souhaite garder de l'appétit pour le repas.
Nos hôtes nous rejoignent et nous degustons la purée de pommes de terre du soir. Avec la viande de chèvre que je trouve exquise, et des légumes. Nous mangeons si bien... et ne dépensons pas un sous. Je me sens privilégiée de cet accueil. Lors du thé de fin de repas, Matthew est seul à table avec nous. Je suis un peu gênée que grand-mère parle français, et un peu fort. Je ne trouve pas ça très correct face à notre hôte exclu de la discussion et avec qui je ne peux même pas parler car nous ne nous entendons pas en anglais. Déjà que je le comprends très mal quand il n'y a pas de bruit... Et puis j'essaye de relativiser, grand-mère n'y peut rien de ne pas parler anglais. Nous devons faire avec et c'est très bien comme ça. 20h20, c'est l'heure de débarrasser, de dire "Lala Salama" et de retrouver nos quartiers.
Écriture, brossage de dents, extinction des feux. Quelle belle journée encore une fois. Grand-mère nous fait part de cela. Nous partageons ce sentiment de satisfaction. Demain, nous aurons l'occasion (enfin!!) de nous rendre à Wasso à l'occasion du marché du vendredi. Ce sera encore une belle découverte.
Bises à tous, je pense à vous 😘




















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