INTERRAIL 2022

INTERRAIL - AOÛT 2022



INTERRAIL. 1 - 📍 Le dĂ©part.

 Dimanche 31 juillet, nous y sommes, c'est le deuxiĂšme grand dĂ©part de l'Ă©tĂ©. Cette fois-ci je ne pars pas seule ! Ma cousine Mathilde m'accompagne. On en a rĂȘvĂ© d'un voyage Ă  deux et voilĂ  que le projet se rĂ©alise enfin. On peine Ă  en prendre conscience... Nous voilĂ  parties pour 18 jours de pĂ©riples dans 6 pays.



Il y a quelques années, j'avais entendu parler du projet Discover EU. Lancé par l'Union Européenne, il a pour objectif d'offrir des pass interrails à des jeunes de 18 ans, c'est à dire la possibilité de voyager librement en Europe en train. N'ayant pas l'ùge requis à l'époque, je m'étais enregistré un rappel pour le jour de mes 18 ans, le 1er septembre 2021. Ce jour arriva, je pense directement à Mathilde. Mathilde ayant également 18 ans ce 1er septembre 2021. C'est donc à deux que nous décidons de postuler au concours Discover EU.

Il y a quelques mois nous avons eu la confirmation de notre gain : à nous les fameux pass interrails!! Depuis, nous réfléchissons à peu prÚs aux destinations nous attirant. Je laisse encore secret notre programme (qui n'est pas totalement finalisé). Globalement, nous espérons voyager dans 6 pays, du 31 juillet au 18 août.

Ce dimanche 31 juillet donc, c'est le grand jour! Direction GĂȘnes, en Italie, comme premiĂšre destination. Mathilde, qui part de Lyon, est censĂ©e ĂȘtre dans le train depuis 8h. Moi je me rĂ©veille tranquillement Ă  8h30 et trempe mes pieds dans la piscine. Mon train est Ă  10h02. Puis j'allume mon tĂ©lĂ©phone et reçois une multitude de messages de Mathilde me demandant de la rappeler. Tiens! Un petit air de dĂ©jĂ  vu avec les galĂšres au dĂ©part ahaha. La correspondance de ma cousine a Ă©tĂ© annulĂ©e. Tout s'arrange, avec un peu de dĂ©penses tout de mĂȘme, environ 50€ pour arriver finalement Ă  Nice oĂč je l'attendais. Personnellement je suis partie de La Garde, accompagnĂ©e par de gĂ©nĂ©reux amis (on est jamais seuls en voyage!). Puis correspondance Ă  Toulon avec un nouveau ter pour Nice. Aucune place de disponible, nous Ă©tions tous dans le couloir. L'escalier a Ă©tĂ© confortable jusqu'Ă  l'arrivĂ©e, Ă  12h36.





À Nice, j'ai 2h avant de retrouver Mathilde. Je dĂ©cide donc de me balader jusqu'Ă  la promenade des anglais et de manger au bord de la plage. Alors qu'il me reste 40 minutes, je m'aventure dans les magnifiques ruelles Niçoises. Il me reste dĂ©sormais 20 minutes, je dĂ©cide de retrouver le chemin de la gare. Un trajet de 24 minutes m'indique Google Map. Alors je marche, je marche. Et puis je me rends compte que je suis une rue parallĂšle Ă  la bonne rue, mais il n'y a aucune connexion entre l'une et l'autre. Alors je redescends toute la premiĂšre en courant et reprends le chemin de la seconde. Puis je mets Ă  jour l'itinĂ©raire et continue de marcher. Mais par inadvertance la destination a Ă©tĂ© changĂ©e, m'indiquant dĂ©sormais la ville de nice et non plus la gare de Nice. Bref je vois un panneaux m'indiquant la gare, je prends conscience de mon erreur (comme quoi les panneaux sont toujours les meilleurs guides) et je retrouve Mathilde qui est dĂ©jĂ  arrivĂ©e depuis 10 minutes. Tout est bon! On est ensemble et on peut dĂ©buter l'aventure :))












On prend un premier train vers Ventimiglia. Encore une fois il est plein, on se serait cru dans un mĂ©tro parisien. À Ventimiglia on prend un train pour GĂȘnes. On trouve une place assise, on est contentes. 2h20 de trajet. 1h avant d'arriver, une italienne passe et demande Ă  ma cousine de se pousser sur le tout petit siĂšge pour enfant qui est Ă  cĂŽtĂ© (oĂč elle avait mis son sac de base). Mathilde lui dit que c'est trop petit, la dame insiste. ChoquĂ©e, ma cousine se met dans le siĂšge pour enfant, elle rentre tout juste. Nous on est mortes de rires de l'audace de la dame. Mais la twin est quand mĂȘme bien Ă©nervĂ©e. Tu m'Ă©tonnes... bon courage pour la derniĂšre heure de trajet ahaha!

Enfin arrivĂ©e Ă  GĂȘnes, on prend un dernier train Ă  19h05 pour se rapprocher du camping. Il est censĂ© durer 30 minutes. On s'arrĂȘte en cours de chemin. Le trajet dure finalement 1h. On arrive Ă  temps pour prendre la navette du camping... enfin c'est ce que nous pensions car Ă  peine dĂ©posons-nous nos sacs dans le coffre que celle-ci repart sans nous. Elle Ă©tait pleine. Alors on se retrouve toutes les deux, sans sacs. On est encore parties en fou rire.







La navette revient finalement et nous arrivons Ă  destination en 5 minutes. Le camping est au sommet d'une colline. Le spectacle est grandiose, on se dit que tout ce trajet en valait la peine. Et on a bien hĂąte de commencer notre aventure italienne...


Durant ce périple je publierai un article par destination, c'est à dire un article tous les trois jours.






INTERRAIL 2 - 📍GĂȘnes, Italie.

 Ces 3 jours dans les alentours de GĂȘnes ont Ă©tĂ© une vraie surprise. Nous savions que nous voulions faire un stop dans le coin, mais plus aucun logement n'Ă©tait disponible ou Ă©conomiquement accessible. Nous avons donc optĂ© en derniĂšre minute pour un mobile-home dans le Camping Genova Est, Ă  Bogliasco. Ça a fait toute la diffĂ©rence...



Dimanche 31/07/2022

Nous sommes arrivées au Camping vers 20h30 (il est vrai que les italiens sont aussi mauvais en anglais que les francais. Bref. C'est assez drÎle). Le bungalow est encore mieux qu'espéré! Nous avons une cuisine, un lit double, un lit à étage, des toilettes et une douche!! Le grand luxe. Pour autant, nous n'avions qu'un seule envie : prendre un bain dans la mer et nous rafraßchir aprÚs cette longue journée de transports. Alors à peine avons nous débarqué que nous repartons à pieds jusqu'à la plage indiquée par un touriste français. 7 minutes de descentes d'escaliers et nous y sommes. Quel bonheur. Il y a un petit restaurant au dessus de la plage, nous nous disons tout de suite que nous y mangerons une pizza pour notre dernier soir. Le cadre est idyllique.






Sur cette jolie petite plage, on admire le coucher du soleil. On en a le souffle coupĂ©. Avec Mathilde on se regarde, interloquĂ©es et on se met Ă  rire et ne plus s'arrĂȘter. On fonce dans l'eau. L'eau est si chaude, si claire, si limpide. Le moment est beaucoup trop beau pour ĂȘtre vrai. On a une grande prise de conscience tout Ă  coup. Prise de conscience de la beautĂ© du lieu, prise de conscience du voyage qui vient de commencer, prise de conscience de la chance de vivre cet instant purement féérique. C'est trĂšs difficile d'Ă©crire sur ce ressenti d'Ă©merveillement. On a tout simplement l'impression de faire partie d'une carte postale. Dans le restaurant d'Ă  cĂŽtĂ©, une personne fĂȘte ses 50 ans. La musique qui accompagne leur soirĂ©e nous accompagne aussi. Et l'on se sent bien.





Vers 22h30 nous sommes de retour au camping. On prend de bonnes douches et dĂ©battons sur le programme du lendemain. À minuit nous sommes couchĂ©es, et nous passons une merveilleuse nuit bien mĂ©ritĂ©e.


Lundi 01/08/2022

Lever 7h27. PremiĂšre pensĂ©e du matin, dans 1 mois nous fĂȘterons nos 19 ans!
On mange un fruit et l'on embarque dans la navette du camping Ă  8h05 pour prendre un train Ă  8h25 et rejoindre le centre de GĂȘnes. Encore une fois, le train est arrĂȘtĂ© 30 minutes en plein trajet (on apprendra plus tard qu'une personne a Ă©tĂ© poussĂ©e sur les rails). Mais on finit par arriver Ă  destination vers 9h45.



Nous avons prĂ©vu un petit parcours entre les points importants de la ville. À commencer par la Basilique Santissima Annunziata del Vastato. Un monument du 17Ăšme siĂšcle dont la renommĂ©e n'a pas Ă©tĂ© volĂ©e. Surtout, il fait frais Ă  l'intĂ©rieur et ça nous fait du bien! Puis l'on rejoint le belvĂ©dĂšre Castelleto. Encore une fois nous enchaĂźnons une centaine de marches. La vue sur la ville est impressionnante. On en profite pour s'assoir sur un banc et l'admirer. Progressivement nous redescendons les Ă©troites ruelles du vieux GĂȘnes. Nous dĂ©couvrons une petite gallĂ©rie d'art et j'aime beaucoup le style. Une Ɠuvre attire particuliĂšrement mon attention alors je pose des questions Ă  son crĂ©ateur. À ma dĂ©ception, il me dit qu'il n'a rĂ©flĂ©chi Ă  aucun message en particulier Ă  faire vĂ©hiculer Ă  travers ses Ɠuvres. Pour un temps j'ai pensĂ© Ă  un artiste engagĂ©... mais l'art doit-il toujours avoir un sens?

















AprĂšs s'ĂȘtre volontairement perdues dans les rues de GĂȘnes, on trouve un restaurant sympa dans un coin calme (avec des bruits d'oiseaux et Ă©tonnamment peu de monde). Le Tire-Bouchon. Mathilde commande des aubergines au parmesan et moi des lasagnes au pesto avec du parmesan Ă©galement. Un vrai rĂ©gal. J'avais envie de pĂątes carbonaras, mais voyant qu'il n'y en avait pas sur le menu, je me suis dit qu'il valait mieux essayer de nouveaux plats dans tous les cas. Le choix a Ă©tĂ© parfait.





Il est 13h, nous prenons la route du port et optons pour une glace. Chocolat pour Mathilde, Chocolat-Citron pour moi. Il nous reste 2h30 avant notre train pour rentrer Ă  Bogliasco. Alors nous entrons dans le Galata - musĂ©e de la mer. 5 Ă©tages sur les expĂ©ditions maritimes depuis et vers l'Italie, sur Christophe Colomb, sur l'esclavagisme et l'Ă©migration. Un trĂšs bon musĂ©e, interactif, et dans lequel nous nous immergeons sans difficultĂ© dans l'ambiance en grimpant dans de nombreuses reconstitutions de galĂšres ou navires en tous genres. La visite se clot avec la possibilitĂ© d'entrer dans un sous-marin. On nous fournit des casques pour l'occasion et on comprend vite pourquoi. Nous nous cognons la tĂȘte Ă  de multiples reprises sur des tuyaux mĂ©talliques... encore une fois nous avons bien ri.



















Nous sommes totalement transpirantes, la chaleur est insupportable, nous avons marchĂ© prĂšs de 20 000 pas alors la perspective de rentrer au camping nous convient bien. Nous connaissons dĂ©sormais la ville comme notre poche... et embarquons dans le train de 16h11. Au bout d'un moment on se rend compte que notre arrĂȘt n'est pas indiquĂ© sur l'Ă©cran du train. Tiens tiens. On dĂ©passe en effet Bogliasco... et on dĂ©cide de s'arrĂȘter Ă  l'arrĂȘt suivant, celui de la ville de Recco. Bon, le prochain train est dans 1h, la mer est Ă  5 minutes Ă  pieds. Le choix est vite fait, nous allons Ă  la mer ! Quel bonheur encore une fois de se rafraĂźchir... dans une eau paradoxalement trĂšs chaude. Une trentaine de degrĂ©s probablement.

Puis on prend le train de Recco Ă  Bogliasco et attendons la navette du camping pour nous remonter. On met nos courses au frais. Des pĂȘches, des tomates, du maĂŻs, des saucisses... et des pĂątes que l'on a bien voulu acheter Ă  3€50 en pensant qu'elles Ă©taient locales mais qui s'avĂšrent venir de chez Liddle. Bref, j'espĂšre qu'elles seront bonnes. On se change et on descend vite Ă  la plage.
On se fait un petit pique-nique sur la plage avec nos restes de riz-taboulé préparés chez nous hier. Nous sommes retournées sur la petite plage à laquelle on commence à s'attacher. Le paysage est encore une fois splendide. Nous rentrons vers 22h, debriefons de cette magnifique journée bien intense et nous écroulons de sommeil.















Mardi 02/01/2022

Aujourd'hui, c'est le dernier jour en Italie. Et oui, dĂ©jĂ !! On a prĂ©vu une journĂ©e en scooter. À 10h nous sommes donc Ă  la rĂ©ception du camping et attendons nos clĂ©s pour prendre la route. La caution est de 600€, ça fait mal. Je fais confiance Ă  Mathilde et sa conduite, et nous partons vers l'est de Bogliasco, en direction du parc national des Cinq-Terres. TrĂšs vite on rencontre un groupe de motards et dĂ©cidons de les suivre. La route borde la mer, je profite bien de ma place de passagĂšre pour admirer en dĂ©tail les villes que l'on croise. On finit par se garer Ă  Santa Margherita.





Il est 11h30, on arpente les rues de la ville et tombons hasardement sur un grand parc libre d'accÚs. Il s'agit du parc de la Villa Durrazo, fourni en statues et végétations rares. Il y a aussi beaucoup d'orangers, de citronniers, de pamplemoussiers. La terrasse de la villa a une belle vue mer. Notre instinct nous a bien guidé encore une fois.









On commence Ă  avoir sĂ©rieusement faim et partons Ă  la quĂȘte d'une Focaccia, spĂ©cialitĂ© italienne. TrĂšs vite nous tombons sur une "boulangerie" et en commandons deux aux oignons. 90 centimes chacune! Mes papilles me remercient. Comme on a encore faim on continue d'explorer la ville et craquons pour une seconde "boulangerie". On goĂ»te une nouvelle spĂ©cialitĂ©. PĂąte feuilletĂ©e, oignons, oeufs, artichauds. C'est plutĂŽt bon mais je suis vite calĂ©e cette fois-ci. On prend le chemin retour vers le scooter, nous arrĂȘtons Ă  une Ă©glise puis dans un magasin bien colorĂ©. AprĂšs avoir regardĂ© les vĂȘtements en dĂ©tails, on dit aurevoir Ă  la vendeuse. Puis aprĂšs rĂ©flexion on fait demi-tour et je m'offre un t-shirt, Mathilde un collier. La dame n'a pas du comprendre. On s'est dit, et pourquoi pas ? Autant vivre la dolce vita jusqu'au bout ;) Puis nous reprenons la route Ă  la recherche d'une plage.













AprĂšs une trentaine de minutes on fait un arrĂȘt dans la ville de Lavagna. On emprunte un passage sous-terrain pour dĂ©passer les rails (comme si les gares nous suivaient!) et arrivons sur le sable chaud d'une plage privĂ©e. Plus loin, en enlevant nos chaussures, on se rend compte que le sable n'est pas chaud mais absolument brĂ»lant. Comme on a dĂ©jĂ  nos maillots sur nous on court Ă  la mer et l'apaisement est instantanĂ©. DĂ©cidĂ©ment on ne s'en lasse pas! Le bob sur ma tĂȘte et ses bordures qui tombent de chaque cĂŽtĂ© me font comme des ƓillĂšres. Je ne vois que ce qu'il y a en face de moi. La mer, la mer Ă  perte de vue et un petit bateau au loin. Je suis dans l'instant prĂ©sent. Et cet instant est si bon.





En sortant de l'eau, Mathilde court vers la douche de la plage et se brĂ»le les pieds. On a vĂ©rifiĂ© le soir, elle n'a aucune marque. Mais quand je sors Ă  mon tour je me mets directement sur ma serviette. Et mĂȘme Ă  travers elle je sens encore la chaleur du sol. Comme nous sommes en dĂ©but d'aprĂšs-midi, on se badigeonne de crĂšme solaire et je me cache sous un foulard. Hors de question de choper une insolation. Une heure plus tard on reprend la route en sens inverse en direction de Portofino aprĂšs avoir rempli nos gourdes.

Portofino est une ville connue pour son phare. Elle est beaucoup plus touristique que les autres coins que nous avons explorĂ©s jusqu'alors. On se laisse une heure pour marcher jusqu'Ă  ce fameux phare et le timing est Ă©tonnamment respectĂ©. On commence Ă  se demander si nous n'avons pas une horloge dans la tĂȘte. Bref on marche, on marche, on marche et on arrive au phare. La vue est encore une fois grandiose. Des mouettes, des bateaux, le ciel... Puis on re-marche, on marche, on marche, on se rend compte qu'on s'est trompĂ©es de chemin alors on remonte, on remonte, on remonte et on reprends enfin le scooter. Sur le chemin retour on fait le plein d'essence. Ça nous coĂ»te 2.96€. Parfait.


















Au camping on prend le temps de se changer, de souffler et on redescend en scooter jusqu'au restaurant que nous avions remarquĂ© le premier soir. Quelle hĂąte de manger ces pizzas avec la vue mer!! On nous installe, on nous donne le menu. Tiens, il n'y a pas de pizzas. Et tout est si cher... On apprendra en partant que le restaurant est sĂ©parĂ© en deux et que nous avions rĂ©servĂ© la partie "gastronomique" et non "pizzeria". Bref, on se dit que c'est l'occasion de tester de nouveaux plats. Alors Mathilde prend des ravioles avec du caviar de langoustine et j'opte pour des gnocchis Ă  l'espadon. On attend une demi-heure avant de passer commande. Ça commence Ă  ĂȘtre long... et puis les plats arrivent, nous sommes affamĂ©es. Mes gnocchis sont violettes. Je ne peux pas expliquer quel goĂ»t mon plat a, ce n'est dĂ©finitivement pas un coup de cƓur mais il fallait tenter !









Vers 21h on quitte le restaurant en direction d'une pizzeria. Je ne veux pas lĂącher l'affaire. Finalement on prend des boules de glaces et rejoignons notre Ă©ternelle plage. La glace en question est incroyable. J'ai encore choisi une saveur chocolat noir, mais j'y ai ajoutĂ© une boule Ă  la pistache. Un vrai dĂ©lice, je suis comblĂ©e. On galĂšre un peu Ă  la manger tant elle fond vite mais c'est un plaisir de passer notre derniĂšre soirĂ©e ainsi. Ce soir on ne se baigne pas, mais on rentre en scooter au camping et Ă©vitons les 20 minutes de marches Ă  la verticale. Et ça c'est un pur bonheur. On est Ă©merveillĂ©es devant la vue, on sent Ă  nouveau cet effet libĂ©rateur du pĂ©riple et on arrive sans accident Ă  notre mobile-home. Nous ne perdrons pas nos 600€ de caution!!



L'aventure en Italie touche Ă  sa fin. Et qu'elle aventure! En deux jours nous avons l'impression d'avoir complĂ©tĂ© plusieurs semaines. Sur la plage ce dernier soir, j'ai sorti des cartes de mon sac et en ai tirĂ© une au hasard. La question Ă©tait "Quelles sont les trois choses qui t'ont donnĂ© le plus d'Ă©nergie ?". J'ai directement pensĂ© Ă  ce premier soir sur la plage de Bogliasco. Nous Ă©tions tellement choquĂ©es de l'endroit paradisiaque dans lequel nous Ă©tions tombĂ©es par hasard. À plusieurs reprises nous avons suivi notre instinct et tout s'est incroyablement passĂ© mieux que prĂ©vu. Ça m'a donnĂ© beaucoup d'Ă©nergie. On se fait d'ailleurs en ce moment la rĂ©flexion avec Mathilde que la plupart de nos plus beaux souvenirs dans ce coin d'Italie sont basĂ©s sur le hasard. DĂšs notre arrivĂ©e nous avons loupĂ© la premiĂšre navette du camping et en l'attendant, un français nous a indiquĂ© les plages du coin oĂč nous avons passĂ© nos soirĂ©es. Puis nos pas nous ont guidĂ©es dans ce parc Ă  Santa Margherita... 

Si j'en reviens à la question initiale, je pense aussi à ce sentiment de liberté en scooter, sentir ce vent sur nous, suivre les chemins qui nous tentaient. Enfin je pense à cette mer et à ces montagnes que nous avons pu admirer de loin comme de prÚs. Ce rapport à la nature est ce qu'il y a de plus énergisant il me semble.


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Mercredi 03/08/2022

Ce mercredi 3 aoĂ»t, nous partons du camping Ă  8h. J'ai failli oublier de demander de rĂ©cupĂ©rer ma carte d'identitĂ© Ă  la rĂ©ception đŸ€ŠđŸŒ‍♀️ Puis nous quittons la gare de Bogliasco Ă  8h25. À GĂȘnes nous attendons le train de 11h19 pour Milan. On arpente les rues de la ville une derniĂšre fois, je suis dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  la recherche d'un tiramisu. Personne n'en a! Est-ce vraiment une spĂ©cialitĂ© italienne??? Je rĂ©cupĂšre alors une pĂȘche dans un petit magasin, idĂ©e de manger quelque chose. Le vendeur a dĂ» avoir pitiĂ© de moi avec mon unique pĂȘche Ă  la main. Il me l'a offerte. Je vous assure, il m'en a tout simplement fait un prĂ©sent. Surprise, j'en oublie le tiramisu et dĂ©guste ma pĂȘche avec un grand sourire jusqu'au retour Ă  la gare.










Il y a tant de belles choses qui se passent et pourtant nous enchaßnons les potentielles galÚres : louper le 1er train car nous sommes arrivées en retard pour la navette du camping, louper le 2eme train car nous n'avons pas pu faire de réservation de siÚge, louper le 3Úme car nous ne trouvons pas le quai... finalement tout semble bien s'enchaßner. Et nous avons bien hùte de découvrir tout ce qui nous attend encore. Nous sommes dans le 4Úme train. Mais aurons-nous le 5Úme et dernier ?...


Aujourd'hui, direction Divaca en Slovénie ! Rendez-vous le 6 août pour entendre le récit de nos aventures ;)










INTERRAIL 3 - 📍Divača, SlovĂ©nie. 

 Mercredi 3 aoĂ»t, nous dĂ©barquons en SlovĂ©nie! À nous les ours, les forĂȘts et les montagnes. Cette pause dans la nature nous a fait grand bien, et a Ă©tĂ© ponctuĂ© de multiples pĂ©ripĂ©ties. Bien que cette Ă©tape soit dĂ©jĂ  finie pour nous, laissez-moi vous la conter...



Mercredi 03/08/2022

J'ai terminĂ© mon article en Ă©crivant "Nous sommes dans le 4Ăšme train. Mais aurons-nous le 5Ăšme et dernier ?...". Un train depuis Trieste en Italie, pour nous rendre Ă  Divača, en SlovĂ©nie. Et bien... nous l'avons eu. Mais au bout de 10 minutes un gars passe dans chaque voiture et nous dit "ce train ne va pas en SlovĂ©nie. Descendez Ă  la prochaine gare" (You go down, go down, Slovenia is waiting for you no worries). Ah? Pas plus d'explication, on sait seulement qu'on doit descendre Ă  la prochaine gare. Ce qui m'embĂȘte surtout c'est que j'ai achetĂ© du pain, du jambon et du fromage Ă  la gare de Trieste mais que j'ai peur de ne pas avoir le temps de dĂ©guster tout ça !!! Nourriture avant tout, surtout qu'en ce moment on rationne. C'est fou comme le paysage change autour de nous.





Bref, j'ai le temps de me faire 2-3 petits sandwichs et l'on descend Ă  la gare suivante. Le train entier descend. Et le train entier remonte dans un autre train. C'est impressionnant, nous ne sommes que des jeunes d'interrails, comme une Ă©norme colonie de vacances. La plupart continue jusqu'Ă  Llubljana, la capitale de la SlovĂ©nie. Nous on s'arrĂȘte Ă  Divača. On voit le train partir devant nous, on se retrouve seules sur le quai. C'est plutĂŽt comique.
Depuis Divača Ă  l'auberge il nous reste 45 minutes de marche. On avait prĂ©vu de faire le trajet en taxi mais le numĂ©ro que l'on nous a donnĂ© nous rĂ©pond "I'm Busy this period". On a demandĂ© d'autres numĂ©ros, il nous a dit "They are also busy". Ok... alors on a dĂ©cidĂ© de marcher. Il est 20h50, le soleil vient de se coucher. Il fait encore un peu jour quand nous entamons le trajet en suivant Google Map. On rencontre Tis et son diabolo, un nĂ©erlandais qui loge Ă  la mĂȘme auberge que nous. On se perd tous les trois au niveau d'une plaine (je crois qu'on Ă©tait pas vraiment perdus mais avec la nuit qui tombait on a pas tentĂ© l'exploration). On fait demi-tour sur une centaine de mĂštres puis empruntons un autre chemin. Nous arrivons Ă  destination un peu avant 22h. Nous sommes vraiment trĂšs bien accueillis, on nous place dans le dortoir mixte de 6 personnes. Il y a dĂ©jĂ  2 hommes. Je m'installe Ă  l'Ă©tage d'un lit, Mathilde sur celui d'en face. On prend une douche et nous couchons rapidement.










Jeudi 04/08/2022

J'ai incroyablement bien dormi. Mathilde beaucoup moins, le gars sous elle a bougé durant la nuit et le lit n'a cessé de trembler. J'espÚre que ça ira, nous avons une longue journée aujourd'hui.
À 10h, nous nous rendons aux grottes de Scokjan. On a rĂ©servĂ© nos places hier soir. Elles font parties des plus grandes grottes d'Europe et sont classĂ©es au patrimoine mondial de l'Unesco. Alors que nous suivons le long groupe de visiteurs jusqu'Ă  l'entrĂ©e de la grotte, on scanne nos billets. Croix rouge. Je me dis qu'il y a un rĂ©el problĂšme mais je ne sais pas de quel cĂŽtĂ© il va arriver. La dame nous dit alors "mesdemoiselles, vos billets sont pour demain". Elle a pitiĂ© de nous et nous laisse passer. Ouf...
La visite dure 1h30 environ. C'est assez impressionnant de voir cet immense espace sous-terrain. HĂ©las, les photos sont interdites en intĂ©rieur mais on en prend plein les yeux. En sortant on a le choix entre trois parcours en autonomie. On opte pour le plus long et en avons pour 40 minutes de paysages verdoyants. Ça fait du bien aux yeux. On se pose enfin pour pique-niquer les pĂątes que nous avons prĂ©parĂ©es il y a deux jours. C'est trĂšs bon :)













On rentre alors Ă  l'auberge et passons quelques heures au calme, Ă  l'ombre des arbres sur un hamac ou une chaise longue. On lit, on dort,... nous sommes dans un village vraiment perdu dans la campagne. La plupart des touristes y viennent un jour ou maximum une nuit. Nous y sommes pour 3 jours, 3 nuits. C'est ce que nous apprĂ©cions dans notre voyage : il est extrĂȘmement diversifiĂ©. Nous demandons Ă  nos hĂŽtes ce que nous pourrions bien faire le lendemain. La dame nous propose d'emprunter leurs vĂ©los gratuitement. C'est une super idĂ©e.




Vers 15h30 nous dĂ©cidons de marcher un peu jusqu'Ă  un glacier. Il est en fait Ă  moins de 50 mĂštres. On opte pour une boule Ă  la noisette qui s'avĂšre ĂȘtre un excellent choix. HĂ©las elle est finie beaucoup trop vite. En rentrant, on rencontre un couple de nĂ©erlandais. DĂ©cidĂ©ment nous en croisons beaucoup! Beaucoup de français et beaucoup de nĂ©erlandais. On fait quelques jeux de cartes.
J'avais trĂšs envie de me balader alors en regardant la carte que l'hĂŽtesse nous a fournie, je propose Ă  Mathilde le "tour des trĂ©sors de l'eau". J'estime que la marche durera 1h30 maximum. En partant je dĂ©cide de ne pas regarder Google Map jusqu'au retour. Il est 18h. Le paysage est trĂšs apaisant. On rencontre des vaches, des bottes de foins, et le soleil qui descend. Sur le chemin retour je ne reconnais pas le trajet que nous empruntons par rapport Ă  celui indiquĂ© sur la carte. Au bout d'un long moment, je cĂšde et ouvre l'application Google Map. Nous nous dirigeons vers le sens opposĂ©... alors on fait demi-tour. Je crois que Mathilde est fatiguĂ©e de la nuit derniĂšre et commence Ă  s'Ă©nerver un peu aprĂšs la situation. Moi je commence Ă  comprendre que je vis justement pour ce genre de galĂšres. À 20h30 nous sommes rentrĂ©es et passons Ă  table. Au menu, reste de pĂątes et focaccia ! Sur les chaises longues, c'est encore mieux. À 21h40 nous sommes dans nos lits.













Vendredi 05/08/2022

Aujourd'hui nous sortons les vĂ©los ! Comme ils nous sont prĂȘtĂ©s gratuitement, nous prenons tout de mĂȘme un petit dĂ©jeuner sur place pour 8€. Le "restaurant" est tout petit, il n'y a mĂȘme pas de carte pour le menu. Nous n'avons aucune idĂ©e de ce qui nous sera servi. Et quelle surprise! Et quel bonheur lorsque l'on est servies! Du thĂ©, du cafĂ©, du pain, du beurre, de la confiture, une omelette, de la charcuterie!! Un vrai repas, parfait pour prendre des forces avant l'ascension qui nous attend. Les aliments viennent tous du village ou des environs. Et c'est excellent.
Le ventre bien plein nous fermons nos sacs et partons en direction de la ville la plus proche, Divaca. Nous jetons un coup d'Ɠil Ă  la carte et dĂ©cidons de gravir le Velika Vremơčica - 1027m. La montĂ©e est longue et bien pentue. Ce doit ĂȘtre une des plus dures ascensions que j'ai fait. Mais l'effort est plaisant. Ce qui est moins plaisant c'est notre manque de rĂ©serve d'eau. DĂšs le dĂ©but nous commençons Ă  rationner et ça, ce n'est pas bon signe.






À une intersection nous devons emprunter un chemin encore plus inclinĂ© et beaucoup plus Ă©troit. Nous dĂ©cidons de pousser nos vĂ©los. Sur 5 kilomĂštres nous arpentons un tracĂ© pour marcheurs, en poussant nos vĂ©los et sans pouvoir assouvir notre besoin d'eau. Vers 12h nous arrivons au sommet. Du moins, nous pensons y arriver. En voyant que nous sommes partis du mauvais cĂŽtĂ© et que le bon est encore bien haut, nous prenons la dĂ©cision de faire demi-tour et nous dirigeons vers le supermarchĂ© de Divaca acheter de l'eau. Alors nous grimpons sur nos vĂ©los respectifs et descendons la piste pour marcheurs/VTT. Encore une fois, c'est un grand challenge pour moi. Je crains de rebondir sur un cailloux et partir Ă  la renverse. Mais petit Ă  petit je prends confiance et apprĂ©cie la descente rocailleuse. Nous rejoignons la route en un rien de temps. On continue de tout redescendre, puis mon vĂ©lo commence Ă  faire un bruit Ă©trange. Je m'arrĂȘte. Ma roue arriĂšre est Ă  plat. Totalement Ă  plat. Sur la route, j'ai senti un cailloux Ă  un moment, je crois que ça a Ă©tĂ© le coup fatale... Avec la pompe on tente de le regonfler, en vain. Il me reste un peu plus de 5 kilomĂštres Ă  pieds. Nous n'avons pas d'autres choix... et plus d'eau. Je rĂȘve de limonade surtout. Il est 13h30, nous n'avons toujours pas mangĂ© (en mĂȘme temps nous n'avons pas du tout faim aprĂšs cet Ă©norme petit dĂ©jeuner !) et la chaleur est assomante. Pourtant, par instinct de survie je ne ressens rien de tout ça, je marche, je marche. Je crois que j'aime dĂ©finitivement ce genre de galĂšres. Bien que j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© cette galĂšre avec de l'eau.
On atteint Divaca vers 14h30. Il y a de l'eau !! On remplie nos bouteilles et les vidons d'un coup. On passe au supermarchĂ©, je craque pour une limonade (qui me déçoit car elle n'est pas gazeuse), on prend des fruits et des rĂ©serves pour cuisiner. On se pose ensuite sur un banc Ă  l'ombre et mangeons le reste de nos pĂątes et la charcuterie de ce matin. On se laisse un peu de temps pour se reposer, je crois que je fais une sieste. On passe Ă  la banque retirer des sous pour la Croatie qui nous attend demain. Puis on reprend la route avec mon vĂ©lo crevĂ©. Nous sommes de retour Ă  l'auberge vers 16h. On est assez gĂȘnĂ©es de rendre le vĂ©lo Ă  l'hĂŽte. Lui est surtout embĂȘtĂ© qu'on ne l'ait pas appelĂ© pour qu'il vienne nous chercher en van... Le soir, il nous dira que plusieurs personnes du village nous ont croisĂ©es en voiture en train de pousser nos vĂ©los. Les potins vont vite dans le coin.








La douche froide était tant attendue! On prépare ensuite nos repas pour les jours à venir. Au menu, Riz avec du thon et du maïs. Nous avons aussi chacune une boßte de conserve avec des haricots, ainsi que des fruits. On se pose dans les chaises longues, Mathilde tombe du hamac, c'est bien drÎle. Vers 18h30 on se pose à une table du restaurant et demandons le menu. Il n'y a pas beaucoup de choix, je commande un Burger avec de la viande du coin et Mathilde des pùtes aux légumes. Je n'en peux plus des pùtes. Encore une fois nous apprécions grandement ce repas. Dernier repas dans ce coin de l'Europe.






Mathilde tire une carte, la carte habituelle de la fin d'Ă©tape: "À quoi souhaiteriez-vous consacrer plus de temps?" On rĂ©flĂ©chit longuement mais honnĂȘtement on a l'impression de profiter au maximum de ce voyage. Chaque journĂ©e est trĂšs intense. Hier nous avons fait 22 000 pas, aujourd'hui 15 000. Nous explorons tout un tas de lieux et paysages. Non vraiment, aprĂšs ce 1er tiers de pĂ©riple je pense que nous gĂ©rons plutĂŽt bien notre temps.
On termine la soirée avec une petite balade dans le village. On se pose sur un banc devant l'église. On s'allonge. Et on reste là en silence à regarder les étoiles apparaßtre dans la nuit.












Samedi 06/08/2022

Ce matin nous nous levons Ă  6h20 pour prendre le train de 7h52 Ă  Divača. À nouveau, nous marchons donc une quarantaine de minute pour atteindre la gare. Cette fois-ci nous dĂ©cidons d'acheter les billets de train plutĂŽt que d'utiliser notre pass interrail afin de l'Ă©conomiser pour plus tard (nous n'avons que 7 trajets autorisĂ©s). Et pourtant, impossible d'acheter ces billets! Le site nous dit que l'on ne peut pas le faire en ligne. Il n'y a personne au guichet et la machine ne fonctionne pas. Alors on grimpe tout de mĂȘme dans le train.



La contrĂŽleuse passe, on lui parle de notre problĂšme. Je pensais qu'elle allait nous demander de payer, je lui tend mĂȘme ma carte, mais elle me propose juste de rĂ©essayer sur le site plus tard. C'est fort gentil madame ahaha. Je crois qu'elle n'a pas compris que ce n'Ă©tait tout simplement pas possible. Depuis le dĂ©but du voyage, nous avons beaucoup de chance avec Mathide...
De jeunes slovĂšnes s'installent Ă  cĂŽtĂ© de nous, mettent la musique du pays Ă  fond et nous sommes partis pour 3h de trajet. Un peu avant la frontiĂšre avec la Croatie, un douanier entre dans le train et crit "Passeport". Ça met dans l'ambiance ahaha Le groupe de jeunes arrĂȘte la musique, le silence pesant s'installe. On sort les passeports. Un grand policier tatouĂ© et le visage froid passe. Tout est dans l'ordre. 10 minutes plus tard, on passe la frontiĂšre de la Croatie, on doit Ă  nouveau montrer nos passeports. 4 personnes sont virĂ©es du train. Puis on repart. J'allais vous Ă©crire que nous arrivons dans 1h et que nous n'avons toujours pas payĂ© de billets. Sauf qu'Ă  l'instant un deuxiĂšme controleur vient de passer. Il ne parlait pas anglais alors une dame nous a gentiment fait la traduction. Nous avons fini par payer nos deux billets pour 17€. C'est bon, nous sommes de retour dans la lĂ©galitĂ©, et rassurĂ©es :)) Nous arriverons Ă  Pula d'ici une quarantaine de minutes... et rejoindrons notre nouvelle auberge de jeunesse pour les 3 prochains jours!










INTERRAIL 4 -📍Pula, Croatie.

 Notre Ă©tape Ă  Pula, en Croatie, prend fin aujourd'hui. C'Ă©tait la premiĂšre fois que je visitais ce beau pays balkan. Ces 4 jours ont Ă©tĂ© vĂ©cus comme une pause paisible durant notre pĂ©riple. Nous avons en effet eu l'occasion de souffler un peu dans ce rythme effrĂ©nĂ© que nous suivions jusqu'alors. Ce fut court mais reposant et nous partons avec de nombreux nouveaux souvenirs en tĂȘte...



Samedi 06/08/2022

Nous arrivons Ă  Pula sans encombre vers 10h30. Comme nous voyageons avec de gros sacs, nous marchons 5 minutes jusqu'Ă  notre nouvel hostel avec l'espoir de pouvoir les dĂ©poser pour la journĂ©e. Le check-in officiel n'est en effet possible qu'Ă  partir de 15h... Mais une dame nous accueille gentiment et nous propose de laisser nos bagages dans la cuisine commune. Ce que nous faisons, rassurĂ©es. Nous nous empressons de sortir nos plus petits sacs et rejoignons l'arrĂȘt de bus le plus proche. Direction... la plage! Il n'y a pas une minute Ă  perdre. Alors nous prenons le bus pour 11 kunas chacune (=1.5€) et dĂ©barquons sur une plage bondĂ©e de monde. 









Par chance nous trouvons un petit coin Ă  l'ombre sur un rocher. Les plages croates sont rarement des plages de sables. La plupart des gens portent d'ailleurs des chaussures d'eau pour les cailloux et surtout contre les oursins. À peine dans l'eau Mathilde se prend dĂ©jĂ  des Ă©pines dans le pieds, dont elle me parle encore 3 jours plus tard :( La baignade marque notre renaissance. Nous avons eu si chaud depuis ce matin. Et quel bonheur cette eau bleue claire et transparente. Je vois des poissons me nager autour et regrette ne pas avoir mon masque et mon tuba. Tant pis... on remonte sur notre rocher, comme deux baleines qui s'Ă©chouent sur la plage pour Ă©viter les oursins. Mathilde se refait piquer. 

On prend notre dĂ©jeuner de riz et essayons de rĂ©aliser que nous sommes en Croatie. Ce n'est vraiment pas Ă©vident. Nous avons Ă©tĂ© habituĂ©es aux longs trajets en train, durant des journĂ©es entiĂšres, et aujourd'hui nous n'avons eu qu'un train et 2h50 pour changer de destination. Ça nous est paru trop rapide, trop proche, trop facile presque. Et pourtant nous sommes bien contentes d'ĂȘtre lĂ  et profitons du temps libre pour faire une sieste, bercĂ©es par le son des vagues qui vont et viennent.

Vers 14h nous prenons le chemin retour Ă  pieds. Rien de mieux que d'arpenter les rues pour ressentir l'ambiance du lieu. Sur notre ballade d'une heure environ, nous tombons sur un petit marchĂ© en plein air en train de fermer. Il reste quelques stands de miel, de lavande, de fromage, de charcuterie. Nous craquons pour un bracelet. Une glace nous fait aussi de l'Ɠil mais celle-ci s'avĂ©rera moins bonne que la derniĂšre mangĂ©e Ă  Divaca. Nous commençons Ă  devenir pros des glaces et les classons par ordre de prĂ©fĂ©rence depuis le dĂ©but du pĂ©riple. Celle d'aujourd'hui Ă  Pula est la moins bonne (j'ai choisi une boule Ă  l'orange), la meilleure reste la glace chocolat/noisette de Bogliasco, Italie. On fait Ă©galement des provisions de fruits et notamment de pastĂšque 🍉. 







De retour Ă  l'hostel nous prenons une douche bien raffraichissante (il fait 37° aujourd'hui) et entamons la pastĂšque. Qu'elle est bonne! On en profite pour passer un appel Ă  nos parents, lire, faire une sieste... petit Ă  petit dans la journĂ©e on se rend compte de la fatigue accumulĂ©e depuis le dĂ©but. Cela ne fait qu'une semaine mais nous n'avons eu aucun moment de rĂ©pis, nous enchaĂźnons les longues marches, nous mangeons peu, transpirons beaucoup, dormons de maniĂšre entrecoupĂ©e par le bruit que font les autres du dortoirs... dans le rythme fou que nous nous sommes imposĂ©es et dans l'excitation du voyage nous n'avons pas ressenti cette baisse d'Ă©nergie. Mais depuis notre arrivĂ©e Ă  Pula, c'est comme si tout retombait d'un coup. Alors on a dĂ©cidĂ© d'y aller molo ces jours-ci.

Ce soir, pour notre plus grand bonheur, nous entamons une boßte de conserve d'haricots. Je n'aurais jamais pensé que ça me ferait tant plaisir. En l'ouvrant nous avons des étoiles dans les yeux et ne cessons de nous extasier. Les légumes nous manquent et notre alimentation n'est pas variée. Alors ces haricots... tombent du ciel. On est si fatiguées qu'à la fin du repas on voit nos deux boßtes de conserve cÎte à cÎte et on se perd dans un fou rire interminable tant on les trouve mignonnes. Elles sont toutes les deux bien sages, entre-ouvertes en silence. Bref, il est 19h et on est éclatées.










Mais mĂȘme si on veut y aller molo, on dĂ©cide tout de mĂȘme de ressortir, on hĂ©site mĂȘme Ă  aller en boĂźte de nuit (je ne suis pas sĂ»re qu'on l'ait vraiment envisagĂ© mais on a Ă©voquĂ© l'idĂ©e ahaha rien ne nous arrĂȘte!). Finalement on parcourt le vieux Pula, les rues grouillent de locaux et de touristes, on passe devant de multiples magasins, devant le temple d'Auguste aussi et l'on se pose finalement sur un muret pour Ă©couter deux concerts. D'abord celui d'un groupe de jeunes croates. Puis un groupe plus ancien. C'est encore une trĂšs belle soirĂ©e. 

On finit par rentrer vers 22h, en passant par la fameuse ArÚne de Pula dans laquelle se déroule un festival aujourd'hui et demain (nous avons décidé de ne pas nous y rendre pour des raisons économiques et de goûts musicaux). Il a l'air d'y avoir une bonne ambiance à l'intérieur. Nous, on continue notre trajet, rentrons à l'hostel, préparons notre sac pour le lendemain, échangeons avec une allemande de la chambre qui nous donne quelques conseils pour notre prochaine destination (Ljubljana, Slovenie) et dormons profondément dÚs 22h30.

















Dimanche 07/08/2022

La nuit n'a pas été paisible. Un groupe de fille du dortoir est rentré vers 1h30 du matin, a allumé la lumiÚre et a fait tout un vacarme. Il y a eu des ronflements aussi. Tant pis, je pense avoir dormi suffisament.

Réveil à 8h20. Aujourd'hui, nous nous rendons sur l'ßle de Brijuni, en face de Pula. Elle fait partie d'un grand parc national. Nous devons prendre le bus de 9h02, puis le bateau de 11h30. C'est Mathilde qui est censée me réveiller car j'ai laissé mon téléphone charger en bas pour la nuit. J'entends "Il est 10h, il faut se lever". Je saute d'un bond et commence à réaliser que nous avons loupé le bus! Puis je lui dis "10h, 10h??" Elle me répond "non, 8h17". Bref, fausse alerte, j'avais mal entendu. J'ai eu peur.

On prĂ©pare nos sacs en silence et on prend le bus de 9h02. Cette sortie sur l'Ăźle est partie d'un coup de tĂȘte, si ce n'est un coup de chance. Hier nous cherchions sur internet Que faire Ă  Pula ? et avons trouvĂ© ces billets Ă  18€ comprenant la sortie en bateau, un petit train pour une visite guidĂ©e de Brijuni, une entrĂ©e dans le parc Safari, et le retour en bateau. 18€ car nous faisons encore partie de la tranche d'Ăąge "7-18ans". Un mois de plus et nous faisions partie de la tranche d'Ăąge payant 35€... alors nous avons sautĂ© sur l'occasion. À 9h30 nous arrivons donc au point de dĂ©part Ă  FaĆŸana, une ville au Nord de Pula. Il nous reste 2h avant l'embarcation, on dĂ©cide de bruncher. J'opte pour une part de pizza, Mathilde pour un croissant au fromage. Vue mer. Il fait dĂ©jĂ  bien chaud. Puis, alors qu'il nous reste encore du temps, Mathilde me reparle de l'allemande que nous avons croisĂ©e hier. Elle se rend bientĂŽt Ă  Budapest afin d'assister au Sziget Festival du 10 au 15 aoĂ»t. Il s'agit d'un des plus grands festivals d'Europe. Nous serons personnellement Ă  Budapest du 12 au 15. Les dates collent, nous commençons donc Ă  sĂ©rieusement nous renseigner sur ce festival. Le 12 il y a notamment Justin Bieber et Stromae. À la vue du nom de Stromae je n'ai plus de doute. Nous devons aller Ă  ce festival. Mathilde est quant Ă  elle tentĂ©e par la programmation du 13 aoĂ»t avec Calvin Harris et Offenbach. On se regarde, on dĂ©bat quelques minutes et on finit par acheter, encore sur un coup de tĂȘte (mais que c'est bon de se laisser aller!) un billet de 24h pour le 13 aoĂ»t. Dans une semaine, nous ferons partie de ce festival 😍 ce sera une premiĂšre.







Puis le bateau arrive et les gens commencent Ă  monter Ă  bord. Tout s'enchaĂźne assez vite : on navigue une quinzaine de minutes, on rejoint le groupe de touristes anglophone pour un tour en petit train rouge, le paysage est trĂšs sauvage, on voit des zĂšbres, des autruches, des Ă©lĂ©phants. La guide finit par reprendre le micro et s'excuse pour son absence, elle avait un "business call". Nous on ne s'Ă©tait mĂȘme pas rendues compte qu'elle avait cessĂ© de parler. Il est 13h30, on nous dĂ©pose au point initial et nous sommes libres pour l'aprĂšs-midi. On passera 4 heures allongĂ©es au bord de la mer, Ă  l'ombre d'une forĂȘt et Ă  l'abri des regards. Nous sommes dans notre monde, dans notre bulle, toute l'aprĂšs-midi durant. Et que c'est apaisant! 














On se baigne, d'abord. Il n'y a pas d'oursin, c'est agréable. On pique-nique rapidement ensuite, on a pas trÚs faim mais il faut bien se nourrir. Et puis on s'endort, on lit, beaucoup, et on écoute de la musique. 4h pour lacher prise.

Puis comme Ă  notre habitude, on se dit qu'il faut un peu bouger avant de rentrer et entamons une balade d'une heure autour de l'Ăźle. Il est 18h30, on attend notre bateau de 19h30. Une premiĂšre embarcation se fait, on hĂ©site Ă  y aller mais demandons finalement des informations Ă  un employĂ© qui passe. Non, ce n'est pas le bon bateau. Celui-ci va Ă  Pula, nous avons rĂ©servĂ© le bateau pour Fazana. LĂ  avec Mathilde on a tout un tas d'idĂ©es qui nous passent par la tĂȘte. Nous logeons Ă  Pula. Mais nous avons rĂ©servĂ© le bateau pour Fazana car il s'agit du bateau "officiel" de l'Ăźle, et avec des rĂ©ductions bien avantageuses. Or nous serons de retour Ă  Fazana vers 20h et il n'y aura plus de bus pour rentrer. Nous aurons 1h30 de marche dans la nuit. Nous le savions dĂ©jĂ  et n'en avons pas peur mais nous pensons tout Ă  coup : et si nous tentions de prendre l'autre bateau pour Pula ? D'une autre agence Ă©videmment. HĂ©las, sous la pression du regard de l'employĂ© nous faisons demi-tour et attendons notre bateau de 19h30. 

Le coucher du soleil est trĂšs agrĂ©able, la chaleur baisse, un petit vent se lĂšve. Nous sommes Ă  FaĆŸana comme prĂ©vu Ă  20h et dĂ©cidons de nous poser avant d'entamer notre marche retour. On passe dans une petite boulangerie et achetons de petit pain au jambon. On les savoure. Puis nous optons pour une boule de glace (qui se classe en derniĂšre position). On rigole bien de la situation. Il est 21h, nous savons qu'il nous reste 1h30 de marche au moins mais nous profitons de l'instant, comme dans un dĂ©ni. Vers 21h10 on dĂ©cide finalement de rentrer. 










La premiĂšre demi-heure passe vite. On discute, il fait encore un peu jour, le passage piĂ©ton est large. Puis, il n'y a plus de passage piĂ©ton. Nous marchons 20 minutes sur le bord de la route avec la lampe de notre tĂ©lĂ©phone. On commence Ă  prendre un peu peur. Dans un virage, il n'y a plus aucun espace pour marcher Ă  cĂŽtĂ© de la voie. On cherche un dĂ©tour, que nous trouvons. On entre dans une petite rue perpendiculaire, pas plus rassurante. Il fait nuit, il y a peu de lampadaires, il y a des maisons mais peu de monde. On entend d'ailleurs des sortes de coup de feu un peu plus loin (ça Ă  la rigueur ça nous fait bien rire). On croise une premiĂšre famille et hĂ©sitons Ă  leur demander de nous ramener Ă  notre hostel. Il nous reste 50 minutes de marche. Nous n'osons pas... et continuons. Un peu plus loin dans le quartier nous dĂ©couvrons un groupe de jeunes allemands de notre Ăąge dans le jardin d'une grande maison. AprĂšs 10 minutes de rĂ©flexion, nous osons sonner. La plupart a bu, ils sont incapables de rĂ©pondre favorablement Ă  notre demande. Un seul est en mesure de nous raccompagner, Ă  une seule condition : qu'il puisse terminer son repas. Le groupe nous invite donc Ă  table. Au bout de 10 minutes on se demande si on a bien fait de leur demander de nous conduire. Les pauvres fĂȘtent leur premiĂšre soirĂ©e en Croatie ensemble et sortent de plus en plus de verres et de bouteilles. Mais juste Ă  cet instant, Jonathan dit Ă  son pote qu'il est tant de nous ramener. Ce pote, qui sera notre conducteur et dont nous n'avons pas le nom, enfile ses lunettes et prend les commandes de l'engin. Une troisiĂšme personne du groupe a bien voulu lui prĂȘter la voiture. On se rend bien compte de la gĂ©nĂ©rositĂ© de ces jeunes allemands... Nous voilĂ  parties pour 7 minutes de trajet avec nos deux nouveaux amis, au lieu de 50 minutes Ă  pieds dans le noir et sur la route. C'est un gros coup de chance.

Pour ne pas les embĂȘter plus on leur demande de nous dĂ©poser Ă  un rond point, leur laissons 10 kunas, les remercions et terminons le chemin Ă  pieds.

De retour à l'hostel vers 22h40 on prend une douche, debriefons de la journée et partons nous coucher. Demain ce sera repos imposé.




Lundi 08/08/2022

Aujourd'hui nous n'avons pas de rĂ©veil et nous levons vers 10h. Pula est une ville trĂšs touristique mais connue pour ses plages. Il n'y a pas tant d'autres activitĂ©s que cela. Alors nous dĂ©cidons de passer une journĂ©e... Ă  ne rien faire de spĂ©cial. Et pourquoi pas? 

Nous commençons la journĂ©e par une pastĂšque. Et je vais raconter la suite en accĂ©lĂ©rĂ© parce qu'il n'y a vĂ©ritablement pas grand chose Ă  raconter. Ce qui m'amuse d'ailleurs c'est de rĂ©duire ces 24h Ă  l'aspect alimentaire. Nous avons reçu de nombreux commentaires, de la part de nos parents notamment, relatant le fait que je parle beaucoup de nourriture dans mes articles. Et pourtant ! Et pourtant nous mangeons si peu depuis notre dĂ©part, et faisons tant de sport, dĂ©pensons tant d'Ă©nergie. Nous voyons dĂ©jĂ  que nous avons perdu un peu de poids. Face Ă  cette impression que j'Ă©voque souvent la nourriture, j'apporterais cependant deux probables explications : 1) les repas sont avant tout ce qui articule notre journĂ©e, nous rĂ©flĂ©chissons au programme selon l'endroit oĂč nous serons le midi, le soir... La journĂ©e commence par le petit dĂ©jeuner et se finit par le dĂźner. C'est une question d'Ă©ducation et cela agit comme un repĂšre dans le temps. 2) nous avons si faim et nous permettons si peu de plaisirs alimentaires (pour des raisons Ă©conomiques notamment) que nous y pensons souvent et que la sensation de manger est dĂ©cuplĂ©e. Cela se traduit sĂ»rement dans mes Ă©crits. Quoi qu'il en soit ces commentaires nous ont bien amusĂ©es, nous qui rĂȘvons justement de manger un buffet complet. Alors pour vous donner tout de mĂȘme raison, car je veux des lecteurs satisfaits, je vais vous raconter cette journĂ©e de relachement sans dĂ©tails mais avec les points les plus importants :

Grasse matinée, lever 10h, pastÚque.

Lecture.

Courses vers 12h30, achats fruits et légumes.

Cuisine, midi avec chips et tartines de fromage.

Lessive.

Pause sieste, Netflix/YouTube.

Cuisine pour suite du voyage. Au menu : pĂątes, thon, pois chiches, concombre, huile, sel.

Jeux de cartes.

Douche.

Sortie port, marche de 1h.

Restaurant 21h, Dorade, Salade de poulpe et frites.

Marche dans le vieux Pula, achat cartes postales.

Enorme glace "dark chocolate", devant concert au temple d'Auguste (cette glace se classe en deuxiÚme position pour moi d'ailleurs, un incroyable délice, incroyable, incroyable, incroyable)

Retour maison, terrasse, debrief, carte de fin d'Ă©tape. 

La carte que je tire cette fois-ci nous demande "Quelle est la chose que l'on va faire pour la premiÚre fois?". On pense au fait que l'on va passer 3 semaines ensemble, voyager dans de nouveaux pays, et aller dans un grand festival de Musique. C'est déjà pas mal ;)

On s'endort vers minuit trente. On a adoré cette journée. Et cette fois-ci vous avez raison : on s'est lùchées sur la nourriture.













Mardi 09/08/2022

Aujourd'hui nous sommes officiellement au milieu de notre pĂ©riple. Ça passe si vite... Cette Ă©tape Ă  Pula a Ă©tĂ© un vrai bol d'air frais et s'est montrĂ©e encore diffĂ©rente de tout ce que nous avons dĂ©jĂ  vĂ©cu. Je vais essayer de faire un compte rendu pour chaque destination Ă  la fin du pĂ©riple, aprĂšs avoir eu le temps de tout digĂ©rer. Je pense que ces compte-rendus d'aprĂšs-voyage tĂ©moigneront d'autant plus de ce que je garderai en mĂ©moire. Ils seront sĂ»rement plus factuels qu'un simple dĂ©brief sur le vif. Car sur le vif je vous dirais surtout que cette Ă©tape nous a permis de nous reposer un peu et de bien manger. Mais je suis persuadĂ©e qu'il y a beaucoup plus Ă  dire.

Bref, ce mardi est un jour de train, un jour de trajet. Mon rĂ©veil sonne Ă  8h57, on fait nos sacs et les dĂ©posons dans le couloir. Notre train est Ă  14h38, nous avons donc 4 heures et dĂ©cidons de faire une marche vers le sud de Pula. AprĂšs 1h Ă  visiter de nouveaux coins de la ville on tombe sur une petite plage. Puis sur un grand centre commercial dans lequel nous entrons. C'est un bon refuge pour se raffraichir :) Nous prenons tranquillement le chemin retour et nous posons une heure sur la terrasse de l'hostel. À ce moment nous craignons de croiser la dame de la rĂ©ception. Nous avons en effet fait une lessive hier, une lessive qui est officiellement Ă  50 kunas = 7€. Trop cher. C'est beaucoup trop cher. Nous avons nous-mĂȘmes mis les vĂȘtements dans la machine, les avons sortis, Ă©tendus, pliĂ©s, rangĂ©s. Nous avons seulement empruntĂ© de l'eau et de la lessive. Alors payer 7€? Il Ă©tait convenu que tout Ă©tait inclu dans ce prix.

Nous avons finalement croisé la dame de la réception. Mais elle ne nous a rien demandé à payer. Nous sommes rassurées et repartons vers 13h avec notre linge propre !

Le premier train est composĂ© d'une voiture unique. 2h plus tard nous entrons dans un bus, dans lequel nous sommes actuellement. Nous sommes perdues dans la forĂȘt et les montagnes, nous enchaĂźnons les virages vertigineux. Que c'est beau! Il y a une vingtaine de jeunes avec nous, qui se dirigent trĂšs probablement vers la mĂȘme destination : Llubjana, capitale de la SlovĂ©nie. Car oui, nous retournons en SlovĂ©nie. Nous prendrons d'ailleurs notre prochain train Ă  la gare de Divaca. Mais cette fois-ci nous allons dĂ©couvrir la capitale du pays et nous avons grandement hĂąte !








On se retrouve le 12/08/2022 pour le récit détaillé de cette nouvelle aventure slovÚne ;)


~ Mathilde et Louise, aventurieuses bises 😘






INTERRAIL 5 - 📍Ljubjana, Bled, SlovĂ©nie. 

 DĂ©jĂ  13 jours, 15 trains, 1530 km, 4 pays, 7 moyens de transports... L'aventure continue. Ce matin nous sommes parties Ă  4h de Ljubljana, capitale de la SlovĂ©nie oĂč nous avons sĂ©journĂ© ces trois derniers jours. C'est assez Ă©trange de se dire que Ljubljana est pour la SlovĂ©nie ce que Paris est pour la France. La ville est si petite! Et pourtant nous ne nous sommes pas ennuyĂ©es...



Mardi 09/08/2022

Aux derniĂšres nouvelles nous nous trouvions dans un bus en direction de Divača. De lĂ , nous avons pris un train qui Ă©tait censĂ© ĂȘtre notre dernier. Évidemment, on commence Ă  en avoir l'habitude, un contrĂŽleur passe dans les wagons et nous dit "ce train ne va pas Ă  Ljubjana, il faudra descendre Ă  la gare que je vous indiquerai". Comme on est tous dans le mĂȘme bateau (plutĂŽt dans le mĂȘme train mais vous avez compris), je ne suis pas inquiĂšte du bon dĂ©roulĂ© de la suite. Alors comme prĂ©vu on descend Ă  la gare indiquĂ©e par le contrĂŽleur et on monte dans un bus qui nous attend dĂ©jĂ . De lĂ  il nous reste une heure avant de parvenir enfin Ă  notre destination finale! Il est 20h40 lorsque nous l'atteignons, nous avons prĂšs de 20 minutes d'avance sur notre programme initial.
Pour rejoindre notre nouvel hostel, la Vila Veselova, il nous faut encore marcher une vingtaine de minutes. On en profite pour passer dans la ville et l'on prévoit d'y revenir aprÚs avoir déposé nos affaires. Lorsque l'on débarque devant la porte de l'hostel, il nous faut suivre les indications envoyées par les réceptionnistes (qui ont fini leur journée). Codes, couleurs de portes, étages... une vraie chasse au trésor ahaha.






On entre enfin dans une cuisine au bon Ă©tage. BondĂ©e de jeunes. De jeunes hommes. C'est un peu surprenant au dĂ©but et je ne suis pas trĂšs Ă  l'aise en dĂ©couvrant que mon lit est isolĂ© devant la porte du dortoir (Mathilde est sur un lit Ă  Ă©tage) mais j'ai dans un mĂȘme temps l'impression d'ĂȘtre Ă  Louise de Bettignies, ma rĂ©sidence Ă©tudiante. Et ça pour le coup, me rassure pleinement. Comme si j'Ă©tais Ă  nouveau entourĂ©e de mes colocataires adorĂ©s, des plats qui chauffent sur les plaques, des voix qui portent et de la vaisselle sale. Ça m'avait manquĂ©. 
On prend une douche dans les sanitaires communs (2 douches pour une vingtaine de personnes mais on n'a jamais Ă©tĂ© empĂȘchĂ©es d'avoir de la place!). Une italienne est lĂ . TrĂšs sympa. Puis on ressort pour faire un tour de la ville de nuit. TrĂšs vite on tombe sur le centre-ville du vieux Ljubjana, quartier trĂšs vivant et trĂšs touristique aussi. Un homme joue de l'accordĂ©on en tenue traditionnelle. Nous avons l'impression de dĂ©barquer Ă  Disney Land (bien que je n'y ai jamais mis les pieds). Il y a de multiples petits ponts illuminĂ©s, de grands bĂątiments rosĂ©s, des cyclistes qui vont et viennent, des gens qui dansent. La ville est vraiment belle et c'est une atmosphĂšre que nous n'avions pas encore eu.
Vers 22h nous rentrons Ă  l'auberge. Quelques uns dorment, beaucoup sont sur la terrasse. Il y a de nombreux indiens d'ailleurs, qui semblent ĂȘtre lĂ  pour une longue durĂ©e. Celui qui dort sous le lit de Mathilde a de nombreuses et imposantes crĂšmes hydratantes, un mixer et tout un tas de gadgets. Vers 22h30 la lumiĂšre est Ă©teinte, je m'endors sans attendre.



Mercredi 10/08/2022

Mathilde me réveille vers 9h. Aujourd'hui nous passons la journée à Ljubljana. L'italienne rencontrée hier nous a dit qu'il était amplement suffisant de visiter la ville en un jour. Alors on fait nos sacs et c'est partie pour l'exploration ! Pour bien commencer, on passe dans une petite boulangerie slovÚne. Pour le petit déjeuner je choisis une viennoiserie qui me fait bien envie ainsi qu'un chocolat chaud. On se pose sur les escaliers de la grande place. Le chocolat chaud est succulent. La viennoiserie me laisse un goût de pétrole détestable pour toute la journée. Il fallait tenter!










On se dirige alors vers le fameux chĂąteau de la ville. Sur le chemin, on entre dans une exposition. L'artiste est styliste et s'amuse avec des allumettes Ă  crĂ©er de magnifiques costumes de Marie-Antoinette, de NapolĂ©on ou encore de Tito. Puis on grimpe, on grimpe, et on atteint enfin le chĂąteau, le Ljubljanski Grad. On profite des tickets 3-18 ans Ă  7€ et parcourons ce monument historique pendant prĂšs d'une heure. Le cachot, la tour donnant sur un splendide panorama de la ville, les salles de musĂ©es associĂ©es. On en apprend sur les invasions turques, les chasses aux sorciĂšres.











À la sortie du chĂąteau je suis interpellĂ©e par Alicia, une connaissance d'Espol (mon Ă©cole Ă  Lille). Quelle coincidence! Elle parcourt Ă©galement l'Europe avec deux amies du lycĂ©e grĂące au pass interrail. Malheureusement on n'a pas eu le temps de se revoir mais j'ai bien hĂąte d'entendre ses rĂ©cits Ă  la rentrĂ©e :)
On reparcourt la ville en sens inverse pour se poser dans le grand parc Tivoli et pique-niquons dans l'herbe vers 13h30. Comme hier, pùtes, thon, concombre, pois chiches, je n'en peux plus ahaha. Je pense surtout que le goût de pétrole de ce matin n'est toujours pas passé. Je me réconforte avec une longue sieste.







À notre rĂ©veil, nous dĂ©cidons d'installer l'application BicikeLJ afin de louer des vĂ©los dans la ville. Il nous faut payer un abonnement hebdomadaire Ă  1€. Ma banque me demande quant Ă  elle de valider un payement de 0€. Je ne sais donc pas si je payerai finalement l'abonnement. Bref, nous sortons du parc, tentons de prendre des vĂ©los mais ça ne fonctionne pas! Plus aucune borne n'est connectĂ©e. Juste quand on souhaiterait en emprunter Ă©videmment. Alors on rĂ©flĂ©chit Ă  ce que l'on pourrait bien faire... et une idĂ©e nous vient en tĂȘte. Et pourquoi pas aller au cinĂ©ma? C'est ainsi que nous atterrissons dans une salle de cinĂ©ma vide (nous sommes 6), Ă  regarder les Minions en slovĂšne. Quand on a demandĂ© au gars de la rĂ©ception s'il Ă©tait possible d'avoir des sous-titres en anglais et qu'il nous a rĂ©pondu par la nĂ©gative, il Ă©tait certain que nous abandonnerions le projet. Et bien non, nous avons vu le film en SlovĂšne sans sous-titres, et nous avons tout compris!




À la sortie du cinĂ©ma, les bornes de vĂ©los marchent Ă  nouveau. Nous nous empressons d'en prendre et partons au Liddle le plus proche afin de faire les courses pour le soir-mĂȘme ainsi que pour les jours Ă  venir. En sortant du magasin il ne reste que le vĂ©lo de Mathilde. Le mien a dĂ» faire un heureux. Juste Ă  ce moment, un jeune allant faire ses courses en dĂ©pose un deuxiĂšme. Je vois son vĂ©lo. Il me voit voir son vĂ©lo. Il comprend vite qu'il ne sera plus lĂ  en sortant du magasin...
Alors on repart toutes les deux sur nos bicyclettes et déposons nos courses au frigo. On termine la journée comme on l'a commencé : assise sur les escaliers de la grande place avec des radis et des tomates. Sauf que ce soir là, on opte également pour une glace chocolat noir/myrtille qui se place en 4Úme position de notre classement des glaces.












Jeudi 11/08/2022

Contrairement Ă  la premiĂšre nuit Ă  Ljubljana au long de laquelle les allers et venues des voyageurs n'ont cessĂ© de couper notre sommeil, cette deuxiĂšme nuit se passe Ă  merveille pour moi (un peu moins pour Mathilde apparement...)! À 9h nous sommes Ă  la gare routiĂšre pour monter dans un bus qui nous conduit jusqu'Ă  la ville de Bled, au nord-ouest de Ljubjana. Nous y serons pour la journĂ©e. Bled est trĂšs connue pour son lac et son chĂąteau. Un de mes premiers objectifs de voyage est justement de faire du kayak dans ce beau lac bleu clair. Alicia que nous avons croisĂ©e hier au chĂąteau nous a cependant prĂ©venu qu'elle n'avait pas remarquĂ© de kayaks Ă  Bled. J'ai bien peur que mon objectif soit compromis...
À l'arrivĂ©e, nous entamons directement le tour du lac Ă  pieds. Il me fait beaucoup penser Ă  Annecy ainsi qu'au lac de Pokhara au NĂ©pal. Au bout d'une heure nous sortons du chemin pour grimper dans la montagne et rejoindre un magnifique point de vue sur le lac, l'Ojstrica. Il y a foule lĂ -haut. Nous redescendons et terminons le tour du lac pour un total de 2h de marche. 









En effet, nous voyons peu de kayaks. Les seuls que nous apercevons semblent appartenir à des particuliers... au contraire il y a une multitude de paddles et de barques. Mais ça, ça ne m'attire pas spécialement. On passe dans une petite boulangerie, la vendeuse est excrecrable. On achÚte deux boreks (plat typique slovÚne avec de la pùte feuilletée) et nous posons sur une pelouse inclinée qui borde le lac. Le plat est un délice, Mathilde semble l'apprécier un peu moins. Je pense que mon estomac criait famine. J'ai d'ailleurs craqué pour une seconde spécialité slovÚne, le Gibanica. Un gùteau à base de pomme, de raisins, de noix, de pavot, de lait caillé et de pùte sablée. La part est beaucoup trop grosse pour moi, je la finirai au goûter. Mais que c'est bon! Internet me dit que la Slovénie est culinairement trÚs riche, avec environ 120 spécialités. Je ne pourrai hélas pas tout goûter.

On entame une sieste d'une heure trente environ. Lorsque je me rĂ©veille, Mathilde observe les pĂȘcheurs devant nous. Ils sortent un Ă©norme poisson de l'eau. Tous les passants s'arrĂȘtent pour admirer le spectacle. Un deuxiĂšme poisson, plus petit cette fois-ci, est Ă  son tour capturĂ©. Puis ma cousine me dit "regarde le club Ă  droite, ils ont un kayak il me semble". Ah oui? Sans grande conviction on range nos affaires et nous dirigeons vers ce club. En moins de 5 minutes nous sommes sur le kayak bi-place au milieu du lac. On se regarde Ă©tonnĂ©es. Pas de gilets de sauvetage, pas d'instructions. Le moniteur nous a tendu les pagaies et c'Ă©tait parti. Si rapide et si simple. Quel bonheur. Mon objectif est atteint et ce moment de navigation est particuliĂšrement apaisant. On fait le tour de l'Ăźle au milieu du lac. Nous sommes de retour sur la terre ferme aussi vite que nous l'avions quittĂ©e. Alors on se pose Ă  nouveau Ă  l'ombre et attendons le bus de 18h.










De retour à Ljubljana, nous récupérons des vélos, rachetons deux brugnons et une banane et sommes de retour à l'hostel. On fait cuire la semoule pour demain, on se douche. Un français vient de débarquer, Djia ? Le pauvre s'est réveillé de soirée sans téléphone, piÚce d'identité, appareil photo, sans souvenirs, sans rien. Et ses potes ont pris le train pour Budapest sans lui ce matin. Le problÚme est surtout que sans son téléphone il ne peut pas accéder à l'application qui nous permet de réserver les trains. Alors il est bloqué pour un temps incertain à Ljubjana... nous lui disons que nous partons pour Budapest le lendemain. Il nous suivra s'il le peut.
Ce soir est notre dernier soir en SlovĂ©nie et comme Ă  notre habitude nous avons droit Ă  un restaurant. Dans un train pour la capitale j'avais Ă©voquĂ© mon envie de plat indien Ă  Mathilde. Nous avons Ă©galement, comme Ă©voquĂ© plus tĂŽt, cohabitĂ© avec de nombreux indiens. Cela implique ĂȘtre rĂ©veillĂ©es par le bruit d'un mixer qui prĂ©pare des nans (pains indiens) Ă  7h du matin et sentir la bonne odeur de cette culture. Bref, j'avais envie de plat indien, Mathilde aussi, et nous avions remarquĂ© plusieurs restaurants parfaits pour assouvir ce dĂ©sir. Alors ce jeudi soir, vers 20h30 nous dĂ©ambulons dans les rues de la ville Ă  la recherche du lieu idĂ©al. Mais tout est plein. Le restaurant Namaste nous attire particuliĂšrement. À 21h, nous acceptons donc d'attendre 1h (selon les serveurs) avant d'ĂȘtre servies. Lire le menu me fait beaucoup de bien. Tous mes souvenirs du NĂ©pal ressurgissent. Les nans, les momos, les paneer butter,... J'opte finalement pour un chicken curry et du garlic roti (pain Ă  l'ail), Mathilde pour un plat de lĂ©gumes et un nan. Sauf que 1h plus tard nous ne sommes toujours pas servies et les gens autour de nous qui sont arrivĂ©s aprĂšs, eux, le sont. Je commence Ă  me dire que la commande n'est pas arrivĂ©e en cuisine. Je questionne la serveuse qui n'a pas l'air trĂšs au courant. Mathilde est affamĂ©e. Au bout de 1h20 on se lĂšve et quittons la terrasse. Non mais ho! Pourtant, qu'est-ce que j'avais envie de ce chicken curry!!!
On finit par manger un trĂšs bon kebab, servi en 2 minutes.
Vers 23h nous prenons le chemin retour vers l'hostel. Nous croisons Djia en cours de route. Il a rĂ©ussi Ă  rĂ©cupĂ©rer son appareil photo dans une boĂźte de nuit. Son tĂ©lĂ©phone lui n'est plus gĂ©o-localisable. Il tentera tout de mĂȘme de prendre le train de 5h demain matin avec nous. On se met d'accord : rĂ©veil Ă  4h pour un dĂ©part de l'auberge Ă  4h30 maximum. Avec Mathilde on prĂ©pare nos sacs et vous connaissez la suite : pipi, les dents, au lit.






Vendredi 12/08/2022

Mathilde me rĂ©veille, il est l'heure de se prĂ©parer. En mettant ma montre Ă  mon poignet je suis déçue de voir qu'elle est dĂ©rĂ©glĂ©e. Elle indique 4h40. Puis, je regarde mon tĂ©lĂ©phone. 4h40. Ah. ProblĂšme. Je prĂ©viens Mathilde (qui a, sĂ»rement par fatigue, mis un rĂ©veil Ă  4h30 au lieu de 4h), on boucle nos sacs et on commence Ă  courir dans la rue. C'est impossible d'avoir le train. Nous aurions dĂ» avoir 20 minutes de marche... Nous avons finalement 10 minutes de course. Le train est encore lĂ  lorsque nous montons Ă  bord, juste Ă  temps avant qu'il ne dĂ©marre. On souffle. SoulagĂ©es. C'est parti pour 8h de train en direct de Ljubljana Ă  Budapest. Nous sommes Ă  la moitiĂ© du trajet et tout roule comme sur des roulettes. Plus rien ne semble pouvoir nous empĂȘcher d'atteindre cette nouvelle capitale et de prendre part au fameux Sziget Festival !





Le 15/08, vous dĂ©couvrirez toutes nos aventures Ă  Budapest 😍
En attendant vous pouvez aussi suivre l'aventure en direct via la page : Polarstep - Louise MIGNARD










INTERRAIL 6 - 📍Budapest, Hongrie.

 Budapest, comme on nous l'avait dit, est une ville festive. Notre court sĂ©jour a Ă©tĂ© fort en sensations et nous donne trĂšs certainement envie d'y rester un peu plus longtemps. Mais voilĂ  que nous sommes dĂ©jĂ  dans le train pour notre prochaine destination et qu'il nous faut nous contenter des souvenirs qui ont marquĂ© ce sĂ©jour...





Vendredi 12/08/2022

13h28, nous arrivons enfin à la gare de Budapest-Kelenfoeld. Aucun problÚme majeur, nous avons seulement dû bouger quelques fois à cause de personnes réclamant leur place. Nous pouvons en effet prendre les trains mais nous ne sommes pas assurées d'avoir une place, à moins de payer des frais de réservations supplémentaires. Il nous faut ensuite prendre le métro 3 puis le tram 2 pour rejoindre le quartier bancaire de la capitale. Notre check-in est à 15h, nous nous posons donc sur un banc pendant une vingtaine de minutes pour patienter.
Vers 14h50, nous retrouvons un jeune en charge de nous faire le check-in. Il n'a jamais mis les pieds dans le bùtiment, c'est assez comique. Mais ça me paraßt plutÎt sympa comme job d'été ! Cette fois-ci nous avons dû réserver un Airbnb, faute de place en auberge et à cause de prix exorbitants s'il en restait. Alors ça nous fait tout bizarre d'avoir ce studio pour nous 2 aprÚs une dizaine de jours en dortoirs! Je pensais d'ailleurs que les photos étaient prises en grand angle sur le site, finalement le studio est encore plus grand que ce qu'il ne paraissait. Un grand lit, une salle de bain dans laquelle on peut laisser nos affaires, une cuisine dont les plaques ne marchent pas hélas, un canapé,... la totale. Mathilde se fait un petit café, je vide mon sac et prends une douche.







Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Clara, mon amie des Pays-Bas. Et devinez quoi? Elle fait Ă©galement interrail et se trouve Ă  Budapest en ce moment mĂȘme!! Nous nous sommes rendues compte de la coincidence un peu plus tĂŽt dans l'Ă©tĂ©. Ça tombe trĂšs trĂšs bien. Alors certes Clara viendra avec nous demain au festival et c'est un trĂšs beau cadeau d'anniversaire, mais nous lui avons tout de mĂȘme proposĂ© de venir prendre un apĂ©ro Ă  la maison ce soir. En attendant qu'elle finisse sa visite guidĂ©e de la ville nous sortons nous promener dans le quartier.
Nous l'ignorions mais nous sommes à 2 pas du Parlement hongrois. Celui-ci est architecturalement splendide. Nous sommes aussi tout prÚs des quais qui bordent le Danube. Bref, nous sommes trÚs bien placées. Il y a une manifestation écologique (on a utilisé Google trad pour déchiffrer les pancartes) qui s'organise. Une manifestation dans la capitale, ce n'est pas banale. D'autant que les médias se multiplient. Nous on en profite pour passer au Spare et faire nos courses pour l'apéro. Mis à part un paquet de Doritos, nous optons pour de bons aliments : concombre, saucisses, tomates, poivron... et préparons tout cela à notre retour.







Nous retrouvons Clara vers 19h. C'est plutĂŽt drĂŽle de la retrouver lĂ , en Hongrie, le jour de son anniversaire. J'espĂšre que l'apĂ©ro lui a plu. Elle est trĂšs contente de son pĂ©riple jusqu'alors. Elle est allĂ©e Ă  Berlin, Prague, Vienne notamment. Elle repartira ensuite en SlovĂ©nie pour retrouver sa famille. En ce moment elle loge dans un hostel trĂšs convivial. Tout le monde Ă©change, passe des soirĂ©es ensemble, sort faire la fĂȘte. Elle nous propose donc d'y aller, ce que nous faisons. 30 minutes de marche et nous y sommes. Il y a moins de monde que d'habitude car beaucoup sont dĂ©jĂ  au festival. On a tout de mĂȘme l'occasion de parler Ă  des Australiens (il y en a Ă©tonnamment beaucoup!), une nĂ©erlandaise, deux allemands, une anglaise. Nous sommes posĂ©s sur une terrasse extĂ©rieure. Le ciel est dĂ©gagĂ©. Alors qu'il est presque minuit, Clara propose aux autres de sortir dans un bar. Avec Mathilde on est claquĂ©es. Pour rappel, nous nous sommes levĂ©es Ă  4h ce matin. Alors on dĂ©cline l'offre et rentrons chez nous. On ne tarde pas Ă  s'endormir.


Samedi 13/08/2022

C'est le grand jour!!! Nous nous rendons au Sziget Festival đŸ˜đŸ”„ Nos pass sont valides de ce matin 6h Ă  demain matin 8h. J'Ă©tais tentĂ©e par le cours de yoga du festival Ă  10h, mais finalement nous avons prĂ©fĂ©rĂ© dormir un peu plus. Pas trĂšs envie d'arriver claquĂ©es et de ne pas pouvoir profiter de l'Ă©vĂ©nement. Bref, pas de yoga ce matin. On se prĂ©pare (on met surtout des vĂȘtements auxquels on ne tient pas beaucoup au cas oĂč ils se prennent de la bierre ou de la peinture), on remplie nos gourdes d'eau et vers 10h nous sommes en route. M2, H5, nous y voilĂ  !
1Ăšre Ă©tape, rĂ©cupĂ©rer nos bracelets. Ceux-ci sont en carton. Nous aurions prĂ©fĂ©rĂ© ceux en tissu mais ils sont rĂ©servĂ©s aux pass de plusieurs jours. Nous rĂ©cupĂ©rons Ă©galement des passeports pour la RĂ©publique de Sziget. Nous sommes en effet dĂ©sormais officiellement des szitizens ! Le Festival se dĂ©roule sur une gigantesque presque Ăźle dĂ©diĂ©e Ă  l'Ă©vĂšnement. Pour y accĂ©der nous devons passer un pont. L'Ăźle de la libertĂ©. Celle-ci accueille annuellement environ 500 000 festivaliers... (la derniĂšre Ă©dition date de 2019).









Comme nous ne savons pas trop par quoi commencer, nous nous posons au premier stand, celui de Greenpeace. Il fait partie de l'espace NGO du festival. De lĂ  nous discutons avec de jeunes hongroises engagĂ©es pour l'Ă©cologie (et critiquant l'inaction du gouvernement de Viktor OrbĂĄn) et crĂ©ons des badges. Puis les filles nous conseillent d'aller jeter un coup d'Ɠil Ă  l'espace Art.
Avant cela on fait un arrĂȘt Ă  un autre stand non loin, celui de l'association d'une Ă©cole de relations internationales de Budapest. Avec Mathilde on tente un quiz, mais n'obtenons pas plus de 17/26. Au moins je sais dĂ©sormais que la constitution du pays date de 2012. On nous offre un porte-clĂ©. 
Il y a un aspect trĂšs ambiguĂ« dans ce festival. À la fois celui-ci prĂŽne le respect de l'environnement et y accorde beaucoup d'importance dans ses communications (camping vert, concours d'engagement, gobelets rĂ©utilisables...) et en mĂȘme temps chaque stand propose des centaines de goodies, des sacs, des porte-clĂ©s, des Ă©ventails, des stylos... tout un tas de choses non nĂ©cessaires. Ça questionne la lĂ©gitimitĂ© de son image verte.

Nous continuons le tour de l'Ăźle et arrivons enfin Ă  l'espace dĂ©diĂ© aux activitĂ©s artistiques. Il y a de tout. C'est comme si nous entrions dans un grand centre aĂ©rĂ© pour les adultes. On peut faire de la peinture (nous optons pour le body painting avec Mathide), du collage, on crĂ©e mĂȘme des bandanas fort utiles contre la poussiĂšre. Cette poussiĂšre est vraiment le gros point noir du festival. On en respire tout au long de la journĂ©e et le lendemain ce sont les bronches qui souffrent.











AprĂšs un trĂšs bon moment artistique, il est l'heure de passer Ă  l'espace restauration. Il y a en fait de multiples stands partout sur l'Ăźle mais Ă  ce moment nous n'en avions repĂ©rĂ© qu'une petite partie. Alors aprĂšs avoir comparĂ© les offres, nous nous dĂ©cidons Ă  prendre une boĂźte de nuggets au poulet, de frites et surtout... de lĂ©gumes!!! On est ravies de manger des choux rouges, de la salade et des tomates. Le tout nous remplit bien le ventre et nous sommes prĂȘtes pour la suite.





En continuant de nous balader (c'est interminable et ce sentiment d'infinitĂ© de possibilitĂ©s est trĂšs plaisant) nous tombons sur l'espace Tent without borders. Je suis particuliĂšrement attirĂ©e par le stand du Haut Commissariat aux RĂ©fugiĂ©s, des Nations Unies (UNHCR) et commence Ă  Ă©changer avec un homme qui travaille pour la branche de Budapest. Celle-ci supervise aussi la SlovĂ©nie, la Croatie, la Roumanie. La situation en Ukraine est au cƓur de l'engagement actuel. Durant notre sĂ©jour en Hongrie nous nous sommes rendues compte de l'importance accordĂ©e Ă  ce conflit dans le pays. Hongrie et Ukraine ont en effet une frontiĂšre commune et l'enjeu d'accueil des migrants est de taille.
Cependant, le UNHCR reste heureusement (j'aurai plutÎt envie de dire "trÚs malheureusement") engagé sur d'autres fronts. J'enfile ainsi un casque de réalité virtuelle et pars à la rencontre d'une jeune fille syrienne réfugiée avec sa famille dans un camp en Jordanie. Cela fait 2 ans qu'ils y sont. Je suis frappée par les regards des jeunes qui se tournent vers la caméra comme face à une réelle personne. Je suis frappée aussi par la misÚre, le manque de provisions alimentaires, la précarité dans laquelle sont plongées les familles, le manque d'éducation car aprÚs tout "on pourra toujours retourner à l'école quand la guerre sera finie". Mais quand la guerre cessera-t-elle? Le peu d'ordinnateurs disponibles sont utilisés par les adolescents pour des jeux vidéos aussi violents que la vie qui leur est imposée. Les filles jouent au foot, interdite de salle informatique.
Je sais que je veux travailler dans ce milieu. 
On remercie l'homme et l'on continue notre ballade avec Mathilde. On se pose enfin Ă  terre pour assister Ă  un spectacle de marionnettes vietnamien.

C'est ainsi que Clara nous retrouve. Elle s'est trompĂ©e d'Ăźle et nous a donc rejoint plus tard que prĂ©vu, mais la voilĂ  ! Nous dĂ©couvrons tout d'abord un espace mini-fĂȘte foraine. C'est vraiment drĂŽle de voir ressurgir l'Ăąme d'enfant de tous les festivaliers. Nous sommes probablement les plus jeunes, la plupart ont entre 26 et 30 ans (il y a aussi quelques enfants). Nous hĂ©sitons Ă  attendre devant une roulotte pour une rĂ©vĂ©lation de notre futur, mais Clara a trop peur de ce qu'on pourrait lui dire et avec Mathilde nous n'avons pas trĂšs envie d'attendre. Une prochaine fois!



La musique commence Ă  s'entendre sur quelques scĂšnes. Le Samsung Colosseum a une ambiance que nous aimons particuliĂšrement. Il n'y a pas encore beaucoup de monde sur le dance floor et ça aussi nous l'apprĂ©cions. Certaines personnes sont dĂ©jĂ  complĂštement arrachĂ©es. Une dame danse collĂ©e Ă  la sono, en transe. Depuis ce matin nous voyons en effet les gens dĂ©ambuler sur l'Ăźle comme des zombies. Nous avons Ă©galement pu Ă©changer avec nombre d'entre eux qui nous partagent leur expĂ©rience. Peu nous conseillent de dormir en tente une autre fois. C'est Ă  en devenir fou. L'hygiĂšne est dĂ©plorable, il y a des files d'attente interminables pour les douches. De la poussiĂšre surtout. Mais c'est aussi vraiment comique de voir ces gens dormir partout oĂč il est possible de s'allonger, sur une scĂšne, sur des bidons d'eau, dans l'herbe, partout vraiment.



Le Samsung Colosseum est une scÚne relativement petite par rapport à la Main stage. Elle est en extérieur mais encerclée par des murs de cagettes en bois. Avec Mathilde, dÚs que nous souhaitons y retourner nous nous disons "on retourne dans les cagettes de fruits?" C'est un peu ça. Le dj change toutes les deux heures. C'est toujours de la techno et nous ça nous convient bien. Pas besoin d'alcool nous sommes immédiatement transportées dans un monde parallÚle. Un monde qui nous ramÚne à nos sens et notre condition d'humain bercé par la musique. C'est fou l'effet que ça a.





On rencontre beaucoup de français, qui semblent reprĂ©senter un quart des festivaliers (peut ĂȘtre un peu moins mais c'est certain nous sommes nombreux). Drapeaux français, drapeaux bretons... on assiste Ă©galement au premier concert de la journĂ©e sur la Main stage, celui de Kensington, un groupe de musiciens nĂ©erlandais. Les Pays-Bas sont aussi largement representĂ©s. Puis Lewis Capaldi leur succĂšde. Lewis Capaldi, notamment Ă  l'origine de "Before you go", "Forever", "Bruises", "Someone you loved"... un grand artiste quoi. Et encore une fois il nous boucle le bec et on se retrouve tous muets devant sa prestation, comme en grande communion. Certaines larmes coulent, beaucoup de regards s'Ă©changent. C'est un trĂšs beau moment.

On dĂ©cide de quitter la scĂšne un peu avant la fin de la prestation afin de manger un bout. Il est 20h, nous optons pour des parts de pizzas. Cela nous permet de revenir sur la Main Stage 10 minutes aprĂšs Lewis Capaldi et 30 minutes avant le dĂ©but de la plus grande prestation de la journĂ©e, celle de Calvin Harris. GrĂące Ă  cette technique nous sommes particuliĂšrement bien placĂ©es. Le show commence Ă  21h30 et c'est partie pour 1h15 de pure folie. La foule est en dĂ©lire, nous sommes des centaines de milliers Ă  sauter en rythme. C'est Ă  ce moment que l'on ne se demande mĂȘme plus pourquoi l'on saute justement. Le corps et la musique en font leur affaire.









Le drapeau breton vole derriĂšre nous.
Puis on enchaßne avec Ofenbach, un groupe français qu'on attendait avec impatience et dont le show dépasse nos attentes. Viennent Allan Walker, Patrice Baumel. Clara rentre chez elle. Avec Mathilde nous terminons vers 4h30 avec Joris Voorn dans les cagettes de fruits désormais bondées de monde. Un groupe se pavane avec un parasol, je crois qu'ils ont peur de se prendre un coup de soleil.
Le timing de notre retour est parfait. Nous sommes des centaines Ă  vouloir prendre le mĂȘme mĂ©tro/tram H5 mais il arrive juste Ă  temps et au bon endroit pour que nous y montions sans attendre. De mĂȘme pour le M2. À la maison nos prenons une bonne douche, l'eau est marron, et nous couchons vers 6h30. Quelle journĂ©e. Nous avons dĂ©jĂ  fait 9 000 pas ce matin ;)











Dimanche 14/08/2022

Aujourd'hui, lever à 10h du matin. La nuit fut courte mais nous souhaitons profiter de cette derniÚre journée à Budapest. La ville est encore une grande inconnue que nous souhaitons connaßtre un peu plus. Nous passons d'abord un peu de temps à préparer le programme de la journée, je lis des conseils sur Internet. Puis nous nous mettons d'accord sur notre prochaine destination. Jusqu'alors, chacune était en effet prévue à l'avance. Or nous n'avions toujours pas d'idée de lieu pour la derniÚre. J'avais trÚs envie d'aller en montagne en Autriche. Mathilde a bien aimé l'idée d'un sas de décompression avant de rentrer à la maison. Alors aprÚs pas mal de recherches nous réservons finalement une sorte de lodge à Kappl, dans le Tyrol. Voilà une bonne chose de faite, nous avons hùte.

Vers 12h nous mangeons nos restes de semoule, maĂŻs, jambon. Puis nous commençons une longue marche d'aprĂšs-midi. Nous nous balladons d'abord le long des quais. Puis rejoignons la plus grande synagogue d'Europe, celle de DohĂ ny. Nous ne pouvons la visiter car nous sommes en short et dĂ©bardeur mais ça tombe sĂ»rement bien car l'entrĂ©e est trĂšs chĂšre. Alors nous continuons la marche sur l'avenue des champs elysĂ©es hongroise, l'Andrassy Ut. Sur le chemin nous craquons pour une spĂ©cialitĂ© sucrĂ©e hongroise, les Kurtoskalacs. Une sorte de brioche cuite au feu de bois. Nous avons Ă©galement de la glace Ă  l'intĂ©rieur et des coulis caramel/chocolat par dessus. Nous trouvons Ă©galement des cartes postales.
Nos jambes sont Ă©puisĂ©es et nous faisons une petite pause dans un parc. Au total nous faisons 36 000 pas aujourd'hui, un vĂ©ritable record! Alors que c'est sĂ»rement la journĂ©e oĂč notre corps est le plus fatiguĂ©... Mais nous, ça nous plaĂźt de marcher.
On passe ensuite un pont pour rejoindre la seconde partie de la ville, Buda. L'idĂ©e est de marcher jusqu'au chĂąteau puis jusqu'Ă  la statue de la libertĂ© qui surplombe la ville. On s'arrĂȘte Ă  la premiĂšre Ă©tape. C'est bien suffisant. Je m'offre un cappuccino et ça me fait grand bien.


















Un autre de mes objectifs de voyage est de me rendre dans un des fameux bains thermaux de Budapest. Via la carte 2 jours Ă  Budapest que nous avons achetĂ©e avec Mathilde, nous avons droit Ă  un bain. Évidemment, nous sommes tentĂ©es par le plus rĂ©putĂ©, celui de SzĂ©chenyi. Ma cousine est Ă©puisĂ©e et pas spĂ©cialement motivĂ©e par l'idĂ©e, mais on pense toutes deux que ça vaut le coup d'y aller. Et moi je veux rĂ©aliser mon objectif!!! Alors on s'y rend en bus en une trentaine de minutes.
Évidemment, parce que ça commençait Ă  nous manquer, commencent ainsi les galĂšres. Les employĂ©s du bain nous disent qu'ils ne peuvent pas accepter notre QR code. Il nous faut une carte matĂ©rialisĂ©e ainsi qu'un bracelet et un coupon. On est un peu sur les nerfs. Le gars prend mon tĂ©lĂ©phone pour me montrer un point oĂč nous rendre. Il est 18h30, nous hĂ©sitons. Nous sommes si prĂšs du but! Alors nous prenons le M2 et rejoignons ce fameux point en un quart d'heure. Le bureau est en train de fermer, nous arrivons juste Ă  temps pour nous faufiler Ă  l'intĂ©rieur, rĂ©cupĂ©rer la carte, le bracelet, le coupon et nous sommes Ă  nouveau dans le M2 pour passer Ă  la maison rĂ©cupĂ©rer des tongs qui sont obligatoires, du savon et une serviette de bain. On est fatiguĂ©es mais tout s'enchaĂźne assez bien, on a beaucoup de chance sur le trajet et j'ai surtout tellement hĂąte de relĂącher tous mes muscles dans l'eau chaude des bains!! Je n'avance que pour ce moment lĂ . On est de retour au SzĂ©chenyi thermal bath Ă  19h55. La billetterie fermĂ© Ă  20h. On passe, on se change et on dĂ©couvre enfin le lieu. Et quel lieu ! J'ai l'impression de me retrouver au paradis. Avec nos galĂšres on arrive 1h avant la fermeture et il y a donc moins de monde que prĂ©vu. Tant mieux. On voit d'abord 3 bains extĂ©rieurs. Nous dĂ©posons nos serviettes sur des chaises longues et entrons dans l'eau d'une trentaine de degrĂ©s. Que c'est bon. Je sens la dĂ©livrance instantanĂ©e et l'effort rĂ©compensĂ©. Hier nous Ă©tions dans le plus grand festival d'Europe, aujourd'hui nous nous prĂ©lassons dans des bains chauds. Sommes-nous bĂ©nies ? C'est la dolce vita dont je vous parlais au tout dĂ©but du pĂ©riple. Et nous savons oh combien il faut en profiter car c'est une chance si rare de vivre ainsi, une chance victime d'une date de pĂ©remption.









Un panneau indique qu'il y a d'autres bains Ă  l'intĂ©rieur. Nous dĂ©couvrons en effet une dizaine d'autres piscines aux tempĂ©ratures diverses. Il y a un beer spa. HĂ©las, la salle est fermĂ©e. Mathilde m'emmĂšne alors dans un hamam, Ă  50° il me semble. Puis nous nous dirigeons vers le sauna. Entre 70 et 90° cette fois-ci. Moi je me rĂ©gale. Ma cousine supporte un peu moins la chaleur. On dĂ©cide alors de sortir et de nous plonger dans le premier bain que l'on voit. L'eau est Ă  18°. Le choc est rude. LĂ , nous rencontrons Lucien, un Français. Il est un habituĂ© du Sziget et des bains thermaux. Pourtant, il n'a pas l'air Ă  l'aise dans l'eau froide ahaha. 
Un employĂ© vient nous dire de sortir car le centre ferme, on se change et on retrouve Lucien et deux autres Français Ă  l'arrĂȘt de bus. Ils sont tous les trois venus seuls en Hongrie mais ont organisĂ© une colocation en Airbnb via un groupe Facebook. La technologie a du bon ;) On leur dit au revoir, en leur souhaitant de retrouver leur voix aprĂšs le festival, et l'on descend Ă  un arrĂȘt non loin de chez nous.

Il y a une petit boulangerie Ă©tonnamment peu chĂšre. On achĂšte une spĂ©cialitĂ© sucrĂ©e chacune pour le petit dĂ©jeuner de demain et une spĂ©cialitĂ© salĂ©e pour ce soir. On a vraiment besoin de manger des lĂ©gumes alors on passe Ă©galement dans un petit Shop pour rĂ©cupĂ©rer une courgette. Comme les plaques ne fonctionnent pas, Mathilde fait cuire la courgette avec de l'eau de la bouilloire. On se rĂ©gale. Je fais de mĂȘme pour prĂ©parer les pĂątes pour la suite du voyage mais comme c'est plus compliquĂ© de savoir combien de temps laisser l'eau (car elle refroidit forcĂ©ment) je les fais beaucoup trop cuire. Tant pis, les pĂątes, ça reste bon dans tous les cas. On prend une douche et dormons vers 23h30.






Lundi 15/08/2022

Ce matin, rĂ©veil Ă  5h37. Et oui, encore une nuit de peu de sommeil. Direction l'Autriche !! Le bonheur. Un peu ric-rac sur le temps nous prenons le M1 puis un intercitĂ© pour rejoindre la gare de Budapest-Kelenfoeld. De lĂ  nous embarquons dans le train de 6h55 en direction de Zurich. Cela fait maintenant 6h que nous sommes empilĂ©s dans le train, assises par terre (Mathide est debout un peu plus loin je crois). Le trajet a au moins l'avantage d'ĂȘtre direct jusqu'Ă  Landeck-Zams (14h31) oĂč nous n'aurons plus qu'Ă  prendre un bus Ă  15h09 pour rejoindre Kappl et notre chambre. Facile. Bref, j'ai saignĂ© du nez, un mec dort allongĂ© en plein milieu du couloir mais tout va bien, on a dĂ©gustĂ© nos spĂ©cialitĂ©s hongroises et je passe bientĂŽt Ă  table pour le dĂ©jeuner. J'ai les jambes engourdies, assise sur un escaliers peu confortable mais c'est la vie que l'on a dĂ©cidĂ© de mener et je l'aime plutĂŽt bien.
Update : Mathilde a trouvĂ© un siĂšge !













Le compte à rebours est lancé, nous nous dirigeons vers notre derniÚre destination... Le mercredi 17 août vous découvrirez ainsi nos aventures autrichiennes! Et nous allons bien en profiter :))










INTERRAIL 7 - 📍Kappl, Autriche.

 Et voilĂ  le moment tant redoutĂ© qui arrive Ă  grand pas. Ce 7Ăšme et dernier post marque en effet la fin de notre pĂ©riple avec Mathilde. 19 jours, 10 pays traversĂ©s, prĂšs de 4000 km de rails, une 30aine de trains... Si il y avait eu un concours de voyage interrail on aurait trĂšs sĂ»rement gagnĂ©. Car tout s'est dĂ©roulĂ© Ă  la perfection et bien mieux qu'imaginĂ©. Quelle aventure! Notre dernier stop Ă  Kappl en Autriche referme ainsi la boucle...



Lundi 15/08/2022

Nous arrivons Ă  Landeck-Zams Ă  14h31. Et comme initialement expliquĂ©, j'ai donc en effet parcouru ce trajet direct de 7h36... dans le couloir, assise sur des escaliers. Mais honnĂȘtement ça ne m'a pas gĂȘnĂ©e tant que cela. Pour autant j'ai commencĂ© Ă  avoir vraiment mal Ă  la gorge et cela est trĂšs probablement dĂ» Ă  la nuit poussiĂ©reuse du festival. Mes poumons sont aussi bien compressĂ©s. Mais les escaliers, mĂȘme pas peur!
Alors on dĂ©barque ainsi en Autriche et que le paysage est beau! Depuis ma place collĂ©e Ă  la porte, j'ai l'opportunitĂ© d'admirer les montagnes. C'est vrai que cela change de l'ambiance urbaine de Budapest. ArrivĂ©es Ă  la gare, j'achĂšte un thĂ© en attendant le bus de 15h09 censĂ© nous mener jusqu'Ă  notre hĂŽtel Ă  Kappl. Un thĂ©... Ă  3€30? J'ai failli tousser et ça ce n'Ă©tait pas Ă  cause du mal de gorge. On a vĂ©rifiĂ© plus tard et le prix semble ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  l'ensemble de la rĂ©gion. Comme quoi l'eau est peut ĂȘtre une source rare dans le Tyrol.






Le bus nous dépose à Kappl vers 15h45. On respire l'air frais et on sait immédiatement que l'on va se sentir bien ici. Nous vivrons dans ce village pendant à peine 42h, deux nuits. Nous avons en effet dû réduire le projet initial de 3 nuits afin que Mathilde rentre à temps sur Lyon pour un autre projet. Cela ne changera rien au fait que l'on en tirera le plus de souvenirs possible.
Premier souvenir d'ailleurs : il pleut. Il pleut des cordes et nous ça fait longtemps qu'on attendait ça. AprÚs la canicule, la transpiration permanente, la crÚme solaire et les bobs il faut ressortir le k-way, le pull et les pantalons bien chauds. J'ai un peu peur pour mon sac qui n'est pas totalement Waterproof (je n'ai pas pensé à prendre le protÚge pluie du Népal) mais nous ne sommes censées avoir que 5 minutes de marche pour atteindre le logement alors je cours en espérant que cela fera l'affaire. Bon, on galÚre un peu à trouver la bonne entrée alors on y arrive finalement au bout d'une dizaine de minutes. Mais tout va bien, le passeport est sec.
On sonne, un homme ĂągĂ© nous ouvre la porte. Pendant un temps on se regarde tous les trois sans rien dire. Il a dĂ» ĂȘtre surpris de voir ces deux jeunes filles dans son village perdu dans la nature. Nous avons en effet vu si peu de jeunes dans le coin. Alors le vieil homme s'esclaffe de rire et nous propose enfin d'entrer avec un "Hallo, Wilkommen!". On se rappelle enfin que les autrichiens parlent Allemand... "Danke serh!". Il nous prĂ©sente notre "chambre Ă©conomique" et nous sommes ravies. Un lit XXL, pas de risque que Mathilde se prenne un bras pendant la nuit, une superbe salle de bain, une tĂ©lĂ©, une table et un canapĂ©. On en voulait pas plus. On s'allonge une heure sur le lit, Ă©puisĂ©es. Je m'endors alors que ma cousine prend sa douche.










Vers 17h nous redescendons dans le village pour visiter. Avant de sortir, M. Juen nous interpelle et nous tend deux cartes. Des cartes afin d'utiliser tous les transports des environs gratuitement ainsi que (Mathilde demande confirmation) des remontĂ©es mĂ©caniques que nous avons aperçues un peu plus tĂŽt. Quelle chance! Nous ignorions que celles-ci Ă©taient inclues dans le prix de l'hĂŽtel (qui n'Ă©tait pas si cher). Alors comme ça nous n'aurons pas seulement droit Ă  "l'exceptionnel petit dĂ©jeuner" mais Ă©galement Ă  ce pass ?? Notre hĂŽte en profite pour nous demander si nous sommes sƓurs jumelles. Il a en effet dĂ» lire le formulaire d'arrivĂ©e avec les mĂȘmes noms et dates de naissance. Non non monsieur, nous sommes cousines, cousines jumelles. Il ne nous croit pas.
Comme nous sommes le 15 aoĂ»t tout est fermĂ© dans le village. Une fĂȘte se dĂ©roule pourtant sur la place principale, les gens sont en tenues traditionnelles. On en profite pour prendre un chocolat chaud dans le bistro du coin. 3€50, presque autant que le thĂ© ! Ça nous rĂ©chauffe pour un temps. Mon mal de gorge ne s'arrange pas, il pleut toujours. Notre hĂŽte nous a trĂšs gentiment prĂȘtĂ© son parapluie. DĂ©cidĂ©ment, sa bienveillance nous touche. On rentre rapidement, Mathilde mange puis prend sa douche. Le temps que je termine la mienne elle dort dĂ©jĂ  profondĂ©ment, bercĂ©e par le dessin animĂ© en allemand qui passe Ă  la tĂ©lĂ©. Il est 19h30.












Mardi 16/08/2022

RĂ©veil Ă  8h30 aprĂšs prĂšs de 13h de sommeil. Mathilde commence Ă  avoir un peu mal Ă  la gorge aussi. Moi j'ai les sinus pris, un mal de crĂąne et les muscles engourdis. Mais cela ne rĂ©duit pas notre motivation. D'autant que nous commençons la journĂ©e avec le fameux petit-dĂ©jeuner ! Je pense qu'hier soir nous nous sommes couchĂ©es tĂŽt afin d'arriver au plus vite Ă  ce moment ;) Alors nous nous prĂ©parons et descendons Ă  la cuisine/salle Ă  manger du rez-de-chaussĂ©e. Deux couples sont dĂ©jĂ  installĂ©s Ă  leur table. Notre hĂŽtesse, Mme Juen que nous rencontrons pour la premiĂšre fois, nous prĂ©sente la notre. Miam. Il y a dĂ©jĂ  beaucoup d'aliments mais elle nous rajoute encore de la charcuterie, du cafĂ©, des yaourts, du jus d'orange, du fromage... et dĂ©voile des Ɠufs en soulevant de petits bonnets. Elle s'assure plusieurs fois que nous avons tout ce qu'il nous faut. C'est parfait Madame! Je commence par du salĂ©. Tartine au beurre, poivron, jambon, fromage. Puis bretzel beurre, salami, fromage. Etc etc. Puis je termine par le sucrĂ©. Tartine de Nutella, marbrĂ© au chocolat. Ça y va. Comme on n'a pas de repas pour le midi on dĂ©cide de se lĂącher et d'en faire un brunch. Quand la dame revient vĂ©rifier que tout va bien, elle nous propose de prendre le reste de pain et de confitures, jambons, fromages pour la journĂ©e. Ce que nous faisons avec grand plaisir! Puis nous lui demandons, ainsi qu'Ă  son mari, de bonnes idĂ©es de randonnĂ©es. Tout l'Ă©change se fait en allemand, c'est Mathilde qui assure la traduction. En rĂ©alitĂ©, les restes de nĂ©erlandais me permettent de comprendre un peu aussi, mais je suis incapable de parler. Tout ce que l'on retient finalement c'est : prendre le bus, deuxiĂšme arrĂȘt, marcher, ne pas aller en bas ? Bref, on verra bien. En remontant dans notre chambre, nos lits sont faits. Merci...





Avant de prendre le bus de 10h16 on montre la feuille des horaires Ă  notre hĂŽte. Il nous pointe du doigts l'arrĂȘt oĂč l'on doit s'arrĂȘter. Ce n'est pas du tout le deuxiĂšme, il s'agit du quatorziĂšme. Ça commence bien. Alors nous sommes parties. Le bus est bondĂ© de monde. Je ne me sens pas bien. Nous restons debout. Il y a probablement une fĂȘte juive ces jours-ci d'ailleurs, Ă  la vue du nombre de croyants que nous croisons tout au long de la journĂ©e, Ă  moins qu'il n'y ait une communautĂ© dans le coin. Nous arrivons Ă  destination vers 10h50, au quatorziĂšme arrĂȘt.
On suit la foule. En levant la tĂȘte nous apercevons des tĂ©lĂ©cabines. On se regarde et l'on comprend instinctivement que nous allons Ă©videmment en prendre une. Nous espĂ©rons que le pass marchera. Il y a du monde ici! La station de Ischgl semble ĂȘtre trĂšs importante. Nous montons dans la cabine n°41. Un panneau indique qu'il y a deux arrĂȘts. Alors c'est donc ici que nous devons aller jusqu'au deuxiĂšme stop ?! Compris. Nous passons de 1300m d'altitude Ă  2300m.









De lĂ -haut, nous sommes Ă©merveillĂ©es face au paysage. Des montagnes Ă  perte de vue, des couleurs changeantes selon l'endroit oĂč nous posons les yeux. Un beau ciel bleu, parsemĂ© de nuages blancs purs. Il y a de multiples sommets qui s'Ă©lĂšvent autour de nous, certain surmontĂ©s d'une croix en bois. Une attire particuliĂšrement mon Ɠil. Hors elle ne s'Ă©lĂšve qu'Ă  2879m et nous, nous souhaitons passer les 3000. Nous en repĂ©rons donc une autre Ă  gauche.








Nous sommes Ă©puisĂ©es et dĂ©cidons d'emprunter un tĂ©lĂ©siĂšge pour s'avancer. Et pourquoi pas? A l'arrivĂ©e nous prenons une photo devant le logo de la station. Puis nous partons Ă  gauche vers la croix. À peine 5 minutes plus tard nous nous arrĂȘtons. Nous ne sommes pas sĂ»res en effet de pouvoir atteindre cette deuxiĂšme croix sans devoir l'escalader. Et hors de question de prendre de risques alors nous faisons demi-tour et prenons le chemin vers la croix de 2879m, Ă  droite. Celle-ci est atteignable. Elle nĂ©cessite selon les panneaux une marche de 45 minutes. On la voit et elle paraĂźt si proche.









Avec Mathilde nous grimpons un petit chemin parallĂšle. Celui-ci marque l'exact frontiĂšre entre la Suisse et l'Autriche. Hop, un pieds en Suisse, un pieds en Autriche, un pieds en Suisse, un pieds en Autriche. Et puis l'on s'arrĂȘte Ă  nouveau. Je suis Ă  bout de souffle, j'ai mal Ă  la tĂȘte, Mathilde a les muscles tout engourdis. On se pose dans le godet d'une pelleteuse et on reste lĂ  une dizaine de minutes. Les gens ont l'air de trouver ça drĂŽle. On hĂ©site Ă  s'allonger totalement et faire une sieste mais le fond du godet est rempli d'eau. Alors on finit par se relever et reprendre le chemin.










Au bout d'une vingtaine de minutes, d'un peu d'escalade, de descentes et de montĂ©es, nous atteignons la croix repĂ©rĂ©e. L'endroit est si Ă©poustouflant et nous avons si peu d'Ă©nergie que nous nous arrĂȘtons lĂ  Ă  nouveau. Et que l'on ferme les yeux, allongĂ©es sur l'herbe et les rochers. Peu importe que le lieu ne soit pas si confortable, le soleil traversant les 20 degrĂ©s extĂ©rieurs nous apaise rapidement. Tout semble aller au ralenti et pourtant le temps passe si vite. Il est 14h. Être lĂ , faces Ă  la nature, attentives au bruit des marmottes, des oiseaux et des insectes nous ramĂšne Ă  nouveau Ă  notre condition d'humain. Si petit. Si petit... Et que c'est bon parfois de se faire remettre Ă  sa place.






Alors on finit par redescendre et l'on emprunte un second tĂ©lĂ©siĂšge pour rejoindre la Suisse. On en prend un troisiĂšme pour remonter plus haut. Bref, on fait la comparaison entre toutes les remontĂ©es mĂ©caniques des environs. Je pense que ma prĂ©fĂ©rĂ©e est celle orange, qui passe de l'Autriche Ă  la Suisse. Il s'agit de la plus longue. À notre grand Ă©tonnamment, notre pass est valide partout. Il n'y a qu'une seule fois oĂč il refuse de marcher et un gars est obligĂ© de nous ouvrir la porte via sa tĂ©lĂ©commande. Mais c'est vrai que cette carte de la rĂ©gion s'avĂšre extrĂȘmement pratique. Et si inespĂ©rĂ©e... c'est fou la chance que l'on a. D'autant que Mathilde ne semble plus avoir la force de marcher du tout. Elle a chaud, froid, mal. Je la force Ă  prendre enfin un Doliprane ahaha Le mien m'a fait du bien. Quoi qu'il en soit on y va molo, ça ne sert Ă  rien de gĂącher l'aventure autrichienne par un malaise.
Il est 15h30, on s'assoit sur un espace plat et vert. On ressort enfin nos pains du matin. Mathilde a hĂąte de goĂ»ter son petit pot de caramel rĂ©cupĂ©rĂ© du petit-dĂ©jeuner. Moi je commence avec un pain bretzel. Je pense que manger nous fait beaucoup de bien sur le moment. Nous n'avions absolument pas la sensation de faim, mais cela nous redonne de l'Ă©nergie. Mathilde se sent dĂ©jĂ  mieux. En revanche elle fait un peu plus la tĂȘte lorsqu'elle se rend compte que le pot ne contient pas du caramel mais du pĂątĂ©. On s'y met Ă  deux pour le finir. Ce n'est pas mauvais. Il est 16h, on entame une sieste d'une heure.












Je me rĂ©veille enfin et pars en fou rire en dĂ©couvrant le visage de Mathilde totalement rougi par le soleil. Comme deux grandes touristes aveuglĂ©es par la fraĂźcheur nouvelle et la pluie du pays, nous n'avons pas emportĂ© nos chapeaux et nos crĂšmes solaires. Cela fera Ă©galement bien rire nos hĂŽtes Ă  notre retour. À 16h56 nous dĂ©cidons de nous lever et de rejoindre les tĂ©lĂ©cabines. 16h58, face Ă  l'entrĂ©e, ma cousine remarque le panneau "Last round, 5pm", autrement dit, dernier tour des tĂ©lĂ©cabines Ă  17h. Il est 16h59 quand nous entrons dans la cabine. Quelle chance je vous dis, quelle chance! On se rĂ©pĂšte quotidiennement qu'une bonne Ă©toile nous parraine. D'autant qu'en bas le bus arrive en mĂȘme temps que nous, nous offre une place assise et nous sommes de retour Ă  la maison pour 18h.






Ce soir est le dernier soir en Autriche, et le dernier soir du pĂ©riple dans sa globalitĂ©. DĂ©jĂ  ?... Alors on prend nos douches, je sĂšche mes cheveux, et nous sommes parties. Hors de question de ne pas respecter notre rituel de fin de sĂ©jour : petit restaurant du coin. Nous optons pour le bistrot dans lequel nous avions pris des chocolats chauds Ă  notre arrivĂ©e. Nous avions pensĂ© Ă  une fondue initialement, mais le seul restaurant en proposant impose un prix de 28€/personne. Surtout, nous n'avons vraiment pas l'appĂ©tit pour un tel plat. Alors nous nous rabattons sur des soupes locales.
Comme les autrichiens mangent tĂŽt nous ne sommes pas sĂ»res que la cuisine soit encore ouverte. En effet, la serveuse nous dit qu'elle est seule et que ça l'arrangerait que nous prenions des soupes. Avec plaisir Madame, nous en parlions justement ! J'opte pour une soupe aux crĂȘpes Ă  3€40. Et Mathilde une soupe au paprika Ă  6€80. Nous sommes ravies de nos choix, toutes deux sont succulentes. Et nous les partageons pour en profiter doublement. Comme nous n'avons pas fait d'excĂšs, nous nous autorisons un dessert. Quel dessert ? me direz-vous. Une glace, Ă©videmment. Deux boules au chocolat pour Mathilde et une pour moi. Une? Ne vous inquiĂ©tez pas, j'ai avant tout dĂ©gustĂ© un excellent gĂąteau aux pommes. Incroyable. DĂ©cidĂ©ment, j'aime beaucoup l'idĂ©e de goĂ»ter les spĂ©cialitĂ©s des pays visitĂ©s. Je suis déçue parfois (comme la viennoiserie Ă  Ljubljana, goĂ»t pĂ©trole) mais c'est en gĂ©nĂ©ral une trĂšs bonne dĂ©couverte !

À la demande de ma tante, voici d'ailleurs le classement finale des glaces du voyage 😂 :
1/ Boules chocolat/noisette à Bogliasco, Italie (glace à la noisette spectaculaire, et paysage d'autant plus féérique)
1 ex ĂŠquo/ Boule dark chocolate Ă  Pula, Croatie (vraiment incroyable, je ne sais pas comment vous la dĂ©crire).
2/ Boule dark chocolate/myrtille Ă  Ljubljana, SlovĂ©nie.
3/ Boule noisette Ă  Divača, SlovĂ©nie.
4/ Boules chocolat/citron Ă  GĂȘnes, Italie.
5/ Boule chocolat Ă  FaĆŸana, en Croatie.
6/ Boule chocolat Ă  Kappl, Autriche.
7/ Boule vanille Ă  Budapest, Hongrie (dans la brioche).
8/ Boule orange Ă  Pula, Croatie (regrettable).
Hélas, je n'ai pas les adresses exactes.






La grande gagnante ex aequo, dark chocolate Ă  Pula 🍩😍 : 




On prend ensuite le temps de sortir nos tĂ©lĂ©phones et d'entamer un compte-rendu final. Mon tĂ©lĂ©phone filme, celui de Mathilde fait un enregistrement audio. On retrace tout notre parcours, on se rappelle les petites galĂšres, les grandes surprises. 




On se rend compte de la chance que l'on a d'effectuer un tel voyage. De l'audace aussi, de partir ainsi sans savoir oĂč nous terminerons. Je remercie Mathilde d'avoir fait partie de ces souvenirs Ă  jamais gravĂ©s en ma mĂ©moire. Je la remercie d'avoir Ă©tĂ© une acolyte hors pair, d'avoir partagĂ© mes fous rires et en avoir souvent Ă©tĂ© Ă  l'origine. Je remercie la vie pour l'aventure vĂ©cue, et surtout vĂ©cue sans problĂšme majeur (nous n'avions pas d'assurance voyage!!!). Je suis reconnaissante envers les hasards qui l'ont rendu encore plus palpitante. Le camping en Italie, le Airbnb en Hongrie, l'hĂŽtel familial en Autriche. Tout n'Ă©tait qu'une dĂ©cision de derniĂšre minute, une dĂ©cision instinctive mais bel et bien dĂ©cisive. Nous avions planifiĂ© suffisamment pour nous laisser porter sans crainte par ce qui restait encore d'incalculĂ©. Je me rappelle cette journĂ©e en Scooter en Italie, cette libertĂ© ressentie. Je me rappelle ce prĂȘt de vĂ©lo Ă  Divača, cette ascension dans les collines et ce retour avec un pneu crevĂ©. Je me rappelle ce soir lĂ  en Croatie oĂč nous avons Ă©tĂ© ramenĂ©es par un groupe d'allemands alors qu'ils fĂȘtaient leur premiĂšre soirĂ©e dans le pays. Je me rappelle cette aprĂšs-midi Ă  Ljubljana, passĂ©e dans un cinĂ©ma Ă  regarder les Minions en slovĂšne car les vĂ©los de la ville ne marchaient pas. Je me rappelle cette nuit au Sziget Festival, sur l'Ăźle de la LibertĂ©, Ă  danser jusqu'Ă  ne plus en pouvoir. Je me rappelle enfin cette escapade dans les montagnes autrichiennes et suisses, facilitĂ©e par un pass que l'on espĂ©rait mĂȘme pas. Je me rappelle de tout ça et de tant d'autres instants encore. Une infinitĂ© de moments si prĂ©cieux, si rĂ©vĂ©lateurs, si formateurs.

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DĂšs le dĂ©but de cette rĂ©trospection je sens les larmes monter. Une prise de conscience qui surgit Ă  l'improviste et l'Ă©motion qui me prend tout Ă  coup. Un nouveau chapitre se ferme. Et ce qui est beau, c'est important pour moi de l'Ă©crire, c'est que je n'ai mĂȘme pas envie de le recommencer. Il n'y a aucun regret, aucune nostalgie, tout a Ă©tĂ© parfait du dĂ©but Ă  la fin et rien n'a Ă  ĂȘtre repris. Pendant longtemps, dĂšs qu'un beau passage de ma vie prenait fin je m'empressais de le regretter, je ressentais ce manque. Aujourd'hui je ressens moins ce vide car l'instant que m'offre le prĂ©sent est vĂ©cu pleinement. Mon retour en France et avec mes parents est une nouvelle aventure que je croque Ă  pleines dents. Mon dĂ©part pour Lille et ma rentrĂ©e universitaire en sera une autre. J'accepte que tout est Ă©phĂ©mĂšre, tout a son temps, son sablier, et c'est sĂ»rement ce qui rend ces souvenirs d'autant plus mĂ©morables. Alors j'accepte. Je prends le temps qu'il me faut pour accepter...

La vidĂ©o s'Ă©teint involontairement alors que quelques larmes finissent par couler sur mes joues et que je cache mon visage de mes mains. On en rigole avec Mathilde. On reprend l'enregistrement, la serveuse passe plusieurs fois nous demander si l'on a besoin de quelque chose. Tout va bien, "Vielen dank gnĂ€dige frau". La vidĂ©o s'arrĂȘte Ă  nouveau (toutes les 32min24) alors on reprend Ă  plusieurs reprises. Aucune minute d'enregistrement n'est perdue.
Au bout d'une heure trente la nuit est tombée, nous commençons à fatiguer et décidons d'aller nous coucher. Nous remontons au logement, laissons un mot à nos hÎtes pour les prévenir que nous prendrons le petit-déjeuner à 8h le lendemain et dormons sans plus tarder. Demain soir, je m'endormirai chez moi.


Mercredi 17/08/2022

Ce soir, je ne m'endors pas chez moi. AprĂšs un nouveau petit dĂ©jeuner "exceptionnel" nous disons au revoir Ă  nos hĂŽtes et prenons le bus de 9h10. Puis le train de 10h33. Rapidement, nous prenons du retard, je loupe ma correspondance pour Dijon, dĂ©cide de suivre Mathilde jusqu'Ă  Lyon, il a de la pluie, des orages, je loupe une nouvelle correspondance pour Aix car un arbre bloque les rails. Il est 19h, je suis dans l'incapacitĂ© de rentrer Ă  Toulon. Ça fait partie de l'aventure... Sur le moment je suis seulement Ă©nervĂ©e de faire des frais supplĂ©mentaires. Mais je prends mes Ă©couteurs, choisis une playlist alĂ©atoirement, mange ma banane autrichienne et mes pains jambon beurre ou Nutella du matin, lis le message d'un ami et le sourire revient sur mon visage. La dĂ©cision est prise de rester Ă  Lyon pour la nuit et je suis magnifiquement bien accueillie chez mon oncle et ma tante. Nous ne sommes jamais seules au long de ces voyages. Quelle chance encore une fois. Merci ma bonne Ă©toile. Ma cousine avait d'ailleurs passĂ© commande de lĂ©gumes et de fruits. Nous sommes servies! Merci, merci. Nous sommes ravies d'Ă©changer sur ces 3 semaines passĂ©es et si fiĂšres de montrer nos trĂ©sors de guerre. Il est 22h30, je m'endors sans plus tarder.








 (on dirait 2 enfants ahaha)




Jeudi 18/08/2022

Ce matin, lever 8h. Que c'est bon de se lever en famille. Petit-dĂ©jeuner, derniĂšre banane autrichienne, Praluline de Lyon offerte par la grand-mĂšre 😋 Succulant. Je pars Ă  8h37 et prends mon 1er train Ă  9h06. ArrivĂ©e Ă  Marseille je prends mon dernier train du pĂ©riple Ă  11h02. Direction La Garde, la maison, les parents.






Notre pĂ©riple prend fin et le fait de la plus belle des maniĂšres (avec 55€ de frais supplĂ©mentaires tout de mĂȘme ahaha). Je tourne la page et suis prĂȘte Ă  entamer un nouveau chapitre ... ;)



À tous ceux qui ont suivi notre Ă©popĂ©e, petits et grands, je ne saurais que vous conseiller ces pass interrails. Certes nous sommes passĂ©es par quelques petites galĂšres de correspondances, de retards, de frais de rĂ©servations, mais le voyage en lui mĂȘme en vaut largement la peine. Comment se rendre compte de la chance de vivre de si beaux moments s'il n'y a aucun effort fourni pour en vivre ? Il y a aussi les longs trajets en train (aprĂšs tout c'est le principe d'interrail) mais il suffit d'une bonne occupation (comme Ă©crire un journal de bord!!!) pour que le trajet passe Ă  une vitesse folle. Étonnamment j'ai trĂšs peu de souvenirs des trains tant j'Ă©tais plongĂ©e dans l'Ă©criture.
À tous ceux qui vont sur leur 18 ans plus prĂ©cisĂ©ment, tentez votre chance pour obtenir ces pass gratuitement via le concours DiscoverEU, lancĂ© par l'Union EuropĂ©enne. En bĂ©nĂ©ficier nous a permis de voyager dans 6 pays sans rĂ©el frais de voyage. Nous avons tout de mĂȘme dĂ» financer les logements, la nourriture et les loisirs. Pour vous donner une idĂ©e, nous en avons eu chacune pour un peu moins de 1000€ au total (pour 18 jours). Comprenant le billet d'entrĂ©e au Sziget festival notamment ;) Encore une fois, cela n'a pas Ă©tĂ© vĂ©cu comme une charge mais comme une opportunitĂ© de mĂ©riter encore plus le pĂ©riple aprĂšs avoir travaillĂ© pour rĂ©cupĂ©rer les fonds nĂ©cessaires. L'expĂ©rience en elle-mĂȘme est l'occasion d'en apprendre plus sur les autres, sur le monde, sur soi et je la souhaite absolument Ă  tous.

Merci, encore merci, et à trùs vite pour de prochaines aventures 😘




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